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De fréquents brouillards observés ce matin

24/11/2020

De nombreux brouillards parsemaient ce matin le nord et l’est du pays. Ils étaient souvent denses avec une visibilité inférieure à 200 m à Laval, Alençon, Chartres, Saint-Quentin, Nancy, Lons-Le-Saunier, ainsi qu’en banlieue parisienne et jusque dans le centre de Lyon. Des brouillards givrants ont été observés, notamment dans le Val de Saône, par exemple sur l’aérodrome de Dijon, où il a fait -6 °C sous un brouillard dense. Paris aussi fut brièvement dans le brouillard en fin de nuit.

Brume, brouillard, ou grisaille ?

Ces trois phénomènes distincts se forment dans des conditions très proches. On passe très vite de l’un à l’autre, parfois en peu de temps ou sur de faibles distances.
La brume et le brouillard sont associés à de faibles visibilités. On définit la brume par une visibilité inférieure à 5 000 m, mais supérieure à 1 000 m. 
En dessous de 1 000 m, on parle alors de brouillard. Si la visibilité s’abaisse sous les 200 m, on parle alors de brouillard dense.
Les grisailles ne sont pas définies par une baisse de visibilité : il s’agit de nuages bas et gris souvent uniformes (appelés « stratus »), pouvant se situer à moins de 100 m d’altitude. Les grisailles peuvent cependant s’accompagner de brume.
Certains pays européens comme la Belgique ou l'Allemagne intègrent le risque « brouillard » à leur système de vigilance pour des visibilités inférieures de 200 à 500 m !

Comment se forme le brouillard ?

Les conditions favorables à la formation de brouillard sont les suivantes : beaucoup d’humidité dans l’atmosphère, des conditions anticycloniques et donc une atmosphère stable, et très peu de vent. 
Les brouillards se forment le plus souvent dans la nuit car lorsque la température diminue, la capacité de l’atmosphère à contenir sa vapeur d’eau diminue. La vapeur d’eau se condense alors et des gouttelettes d’eau se forment ! Si la température est inférieure à -3 °C, le brouillard est alors givrant. Le brouillard en lui-même contient toujours de l’eau, mais cette eau est en surfusion (comme pour la pluie verglaçante) et se transforme en glace au contact des surfaces.  

S’il y a trop de vent (plus de 10 km/h en général) ou si l’atmosphère n’est pas assez stable, alors ces gouttelettes ne restent pas au niveau du sol. Elles s’élèvent en altitude et forment des nuages bas, gris et uniforme : c’est ce que l’on appelle communément la grisaille (dont les nuages caractéristiques sont les stratus)
Au contraire, s’il n’y a pas ou peu de vent (moins de 2 km/h), alors ces gouttelettes tombent directement au sol : il s’agit de la rosée ! Le ciel est alors dégagé au lever du jour !

Il suffit donc de très peu de changements dans la prévision des paramètres météorologiques pour passer du beau temps au brouillard ou à la grisaille, ce qui rend ce phénomène parmi les plus difficiles à prévoir.

Lorsque le soleil se lève, il évapore les gouttelettes d’eau en suspension. Cela conduit souvent à dissiper le brouillard… Mais cette évaporation a pour effet de refroidir l’atmosphère, qui ne peut donc plus contenir l’humidité présente et le brouillard peut ainsi se reformer ainsi très rapidement !

Un phénomène plus ou moins rare...

Si le brouillard est un phénomène très courant en France, il a des zones climatologiques privilégiées, comme le Val de Saône ou la vallée de la Garonne.
En revanche, le fait de l’observer à Paris n’est pas si commun qu’il n’y paraît : en moyenne, on l’y observe moins de 8 jours par an, et rarement plus de 11 jours ! Pour l’année 2020, ce 24 novembre est le 6e jour de brouillard à Paris… Et le 2e depuis le début de l’automne ! Cette particularité climatologique provient du phénomène d’îlot de chaleur urbain : la température en ville est plus élevée qu’aux alentours. L’atmosphère peut donc contenir plus de vapeur d’eau, il y a donc moins de condensation…. Et moins de risque de brouillard !