Les saisons

Pascal Taburet - Météo-France

Le printemps

20/03/2024

En météorologie, le printemps couvre les mois de mars, avril et mai, c'est-à-dire la période pendant laquelle la durée du jour rallonge et l'ensoleillement progresse dans l'hémisphère Nord.

Le printemps, saison de transition

La transition entre la saison froide et les chaleurs estivales est progressive et plus ou moins précoce selon les années. Les journées froides et parfois humides se raréfient au fil de la saison et alternent avec des jours de plus en plus doux, parfois orageux ou très ensoleillés, au gré de la position des anticyclones et des dépressions.

Moyennés sur la saison, les températures et les cumuls de précipitations sont très variables selon les années.

Soumise à des masses d’air d’origine polaire encore froid, ou à des masses d’air chaud d’origine subtropicale, la France peut connaître de brusques changements de températures. Ces changements sont tout à fait classiques au printemps et s’observent lorsque les centres d’action (dépressions, anticyclones) organisent des flux méridiens (nord-sud) sur notre pays. On peut les observer en toutes saisons mais leurs effets sont particulièrement marqués au printemps. Ainsi, suite à une descente d'air polaire sur le pays, on peut commencer la journée avec des gelées matinales parfois fortes, puis connaître une chaleur quasi-estivale l'après-midi, à la faveur d'un ensoleillement de plus en plus puissant et durable.

Petit tour d'horizon des « normales » et des « extrêmes » du printemps

En moyenne, sur l'Hexagone, la température normale* de la saison météorologique est de 12,1 °C.

Le printemps le plus froid depuis 1900 est celui de 1962 avec 9,4 °C seulement (soit 2,7 degrés sous la normale).
Le printemps le plus chaud est celui de 2011 avec une température moyenne de 13,6 °C (soit 1,5 degrés au-dessus de la normale).

Les printemps les plus chauds et plus pluvieux

Les quatre printemps les plus chauds depuis 1900 (2011, 2020, 2007 et 2022) se sont tous produits au XXIe siècle.

Il tombe en moyenne** sur la France métropolitaine environ 220 mm*** de précipitations chaque printemps.

Le printemps le plus pluvieux sur l'Hexagone depuis 1959 est le printemps 2001 avec 348,6 mm, soit une anomalie de près de 57 % par rapport à la normale**. Le printemps 2011, qui est le plus chaud, est également le plus sec avec 110,5 mm (soit un déficit de 50 % par rapport à la normale).

Écart à la moyenne saisonnière de référence 1991-2020 de l'indicateur de température moyenne en France, printemps 1900 à 2023. © Météo-France

Rapport à la normale du cumul de précipitations en France, printemps 1959 à 2023. © Météo-France

* Moyenne saisonnière de référence 1991-2020 de l'indicateur de température moyenne. Cet indicateur thermique est constitué de la moyenne de la température saisonnière de 30 stations métropolitaines représentatives.
** Moyenne saisonnière de référence 1991-2020 des cumuls de précipitations, calculée par la méthode Aurelhy.
*** 1 mm = 1 L/m
2.

Printemps 2021 : d'un extrême à l'autre en quelques jours

Fin mars 2021, la France a connu une douceur exceptionnelle. Le 31 mars fut même la journée la plus chaude jamais mesurée en mars, avec parfois plus de 25 °C au nord de la France et près de 30 °C au sud. Mais quelques jours plus tard, c’est le froid qui se fit remarquable : tout début avril, des gelées quasi généralisées tombaient sur les deux tiers nord de la France, affectant particulièrement les régions du Bassin parisien au Val de Saône, avec des valeurs parfois proches de -5 °C. La nuit du 7 avril 2021 fut ainsi une des plus froides en avril depuis 1945. Les végétaux, les vignes et arbres fruitiers particulièrement, poussés à la floraison précoce par la chaleur de mars, subirent des dommages parfois irréversibles. 

Printemps et changement climatique

L’évolution des températures moyennes printanières en France métropolitaine depuis 1900 montre un réchauffement. Sur la période 1959–2014, la tendance observée est de de l'ordre de +0,3 °C par décennie. Elle est particulièrement marquée à partir des années 1980. Si on considère les températures maximales, la tendance observée est même de +0,4 °C par décennie.

Les chaleurs estivales ont tendance à se produire plus tôt dans l'année, plus fréquemment, tandis que les périodes de gel se raréfient. Cette tendance va se poursuivre dans le futur, avec des vagues de chaleur qui pourraient même débuter au printemps à la fin du siècle. Le risque de gel ne disparaîtra pas : les gelées printanières risqueront de se produire plus tôt dans la saison. Ainsi, avec les hivers plus doux, la saison de croissance de la végétation sera avancée, ce qui rendra les cultures vulnérables à de basses températures au printemps.