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Météo-France met à disposition de nouveaux indicateurs et cartographies climatiques pour les Antilles
02/03/2026Depuis fin 2025, l’ensemble des données climatiques produites par Météo-France selon la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) est disponible pour les territoires ultramarins tropicaux, via le portail DRIAS, Les futurs du climat. Pour faciliter la lecture, l’appropriation et l’exploitation de ces données, Météo-France met aujourd’hui à disposition de nouveaux indicateurs et cartographies climatiques à fine échelle pour les Antilles : Guadeloupe, Martinique et Îles du Nord (Saint-Martin et Saint-Barthélemy).
Ces indicateurs et cartographies avaient déjà été rendus disponibles pour les territoires de la Réunion, Mayotte, la Guyane et Nouvelle-Calédonie (espace “Découverte” du portail DRIAS, Les futurs du climat) courant 2025.
Des projections climatiques à fine échelle pour les Antilles
Les projections climatiques mises à disposition par Météo-France permettent d’analyser, à une échelle fine de 3 km, les évolutions possibles du climat dans les Antilles selon les niveaux de réchauffement de la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC).
Pour l’ensemble des Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique, Îles du Nord), les niveaux de réchauffement territoriaux associés à la TRACC, exprimés par rapport à la période pré-industrielle (1850-1900), sont de :
- +1,4 °C à l’horizon 2030,
- +1,9 °C à l’horizon 2050,
- +2,7 °C à l’horizon 2100.
Comprendre la TRACC, cadre de référence pour l’adaptation
La Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique s’appuie sur trois niveaux de réchauffement planétaire à court, moyen et long terme : +1,5 °C à l'horizon 2030, +2 °C à l’horizon 2050 et +3 °C à l’horizon 2100. Ces niveaux de réchauffement planétaire correspondent à l’évolution attendue du climat si les politiques climatiques menées actuellement à l’échelle internationale se poursuivent sans mesure additionnelle.
L’effet du changement climatique n’est pas le même selon les territoires. Météo-France a décliné la TRACC pour chaque territoire à partir des observations passées et des projections climatiques.
À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C) en Guadeloupe, les journées très chaudes (33 °C ou plus) deviendraient fréquentes sur une large partie de l’archipel
> Dans le climat récent (1991-2020), les journées très chaudes restaient peu fréquentes (médiane de 3 à 5 jours par an), principalement sur la Grande-Terre et certaines zones littorales.
> À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C), la Guadeloupe connaîtrait environ 85 à 90 journées très chaudes par an, avec des valeurs pouvant dépasser 100 jours par an localement. Les journées très chaudes deviendraient fréquentes à très fréquentes, notamment sur la Grande-Terre, les zones littorales Nord et Ouest de la Basse-Terre et de Marie-Galante tandis que les reliefs de la Basse-Terre, bien que relativement moins exposés, ne constitueraient plus un véritable refuge thermique.
> Cette évolution traduit une augmentation très forte des extrêmes de chaleur en journée, susceptible d’affecter la santé, les activités extérieures, les infrastructures et les écosystèmes sensibles à la chaleur.
Anomalie, par rapport au climat récent 1991-2020, du nombre annuel de journées très chaudes (température maximale ≥ 33 °C) en Guadeloupe selon la médiane de l’ensemble Guadeloupe Socle-climat-2025 sur la période 1991-2020 et pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030 (+1,4 °C), 2050 (+1,9 °C) et 2100 (+2,7 °C), respectivement.
À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C) en Guadeloupe, les nuits chaudes (25 °C ou plus) deviendraient très fréquentes et concerneraient près de la moitié de l’année
> Dans le climat récent (1991-2020), les nuits chaudes (température minimale journalière supérieures ou égales à 25 °C) sont déjà fréquentes en Guadeloupe (médiane de 35 à 45 jours par an), notamment sur les zones littorales et urbanisées.
> À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C), la médiane avoisinerait 180 nuits chaudes par an. Les nuits fraîches deviendraient beaucoup plus rares, traduisant une réduction marquée du rafraîchissement nocturne.
> Cette évolution constitue un effet contraignant du changement climatique en Guadeloupe, avec des impacts majeurs en termes de confort thermique, de santé, de qualité du sommeil et de demande énergétique, en particulier dans les zones densément peuplées.
Anomalie, par rapport au climat récent 1991-2020, du nombre annuel de nuits chaudes (température minimale ≥ 25 °C) en Guadeloupe, selon la médiane de l’ensemble Guadeloupe SocleOM-climat-2025, pour le climat récent (1991-2020) et pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030 (+1,4 °C), 2050 (+1,9 °C) et 2100 (+2,7 °C).
À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C) en Guadeloupe, les précipitations annuelles connaitraient une baisse marquée et généralisée à l’ensemble de l’archipel
> Dans le passé récent (1991-2020), les cumuls annuels de précipitations en Guadeloupe présente une très forte hétérogénéité spatiale, principalement liée au relief. Les cumuls les plus élevés sont observés sur les pentes exposées de la Basse-Terre.
> À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C), la diminution des précipitations annuelles deviendrait marquée, avec une médiane proche de -20 % et des valeurs atteignant localement -40 à -50 %.
> Cette baisse, généralisée à l’ensemble de l’archipel, traduirait une assèchement structurel du climat guadeloupéen, susceptible d’amplifier les tensions sur la ressource en eau, les écosystèmes et les activités agricoles.
Évolution relative du cumul annuel de précipitations en Guadeloupe, par rapport au climat récent 1991-2020, selon la médiane de l’ensemble Guadeloupe SocleOM-climat-2025 (27 modèles), pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030 (+1,4 °C), 2050 (+1,9 °C) et 2100 (+2,7 °C).
À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C) en Martinique, les nuits chaudes (25 °C ou plus) concerneraient plus de la moitié de l’année
> Dans le passé récent (1991-2020), les nuits chaudes (température minimale supérieures ou égales à 25 °C) étaient déjà présentes, avec une médiane d’environ 40 à 45 nuits par an, surtout sur le littoral.
> À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C), la médiane avoisinerait les 215 nuits chaudes par an, soit plus de six mois par an, avec des valeurs particulièrement élevées sur le littoral, réduisant fortement les possibilités de récupération nocturne.
Anomalie, par rapport au climat récent 1991-2020, du nombre annuel de nuits chaudes (température minimale ≥ 25 °C) en Martinique selon la médiane de l’ensemble Martinique SocleOM-climat-2025 sur la période 1991-2020 et pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030 (+1,4 °C), 2050 (+1,9 °C) et 2100 (+2,7 °C), respectivement.
À noter : Les différences notables du nombre de journées très chaudes entre la Guadeloupe et la Martinique s’expliquent principalement par les différences d’altitude de chaque territoire. Néanmoins, pour une altitude équivalente, les augmentations du nombre de jours chauds sont comparables. Cette différence entre les deux territoires n'apparaît pas en revanche pour les nuits chaudes, car l'impact lié au relief plus accidenté de la Martinique est contrebalancé par un refroidissement nocturne moins marqué qu'en Guadeloupe.
À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C) en Martinique, les périodes sèches seraient plus marquées
> Dans le climat récent (1991-2020), la Martinique connaît une forte variabilité des précipitations, avec une alternance entre périodes plus sèches et épisodes pluvieux intenses.
> À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C), les projections indiquent une évolution des précipitations, caractérisée par une baisse des cumuls annuels et une diminution de la fréquence des jours de fortes pluies, avec une médiane atteignant -25 à -30 %, et des valeurs pouvant localement dépasser -40 à -50 % selon les modèles. Cette évolution traduirait un renforcement des situations sèches à long terme, cohérent avec les autres indicateurs climatiques analysés.
> Ce résultat met en évidence un risque accru de sécheresse météorologique, avec des enjeux importants pour la ressource en eau, les écosystèmes et certains usages agricoles.
Évolution du cumul annuel des précipitations de la saison sèche (février-mars-avril) en Martinique, selon la médiane de l’ensemble Martinique SocleOM-climat-2025, pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030 (+1,4 °C), 2050 (+1,9 °C) et 2100 (+2,7 °C) par rapport au climat récent 1991-2020.
À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C) dans les Îles du Nord (Saint-Martin et Saint-Barthélemy), les nuits chaudes (25 °C ou plus) deviendraient quasi permanentes
> Dans le climat récent (1991-2020), les nuits chaudes (température minimale journalière supérieures ou égales à 25 °C) sont déjà très fréquentes sur les Îles du Nord, avec environ 185 à 190 nuits par an, concernant l’ensemble des territoires, en particulier les zones littorales et urbanisées.
> À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C), l’évolution devient très marquée: la médiane dépasserait 320 nuits chaudes par an, certaines simulations atteignant 330 à 340 nuits par an. Les nuits fraîches deviendraient alors exceptionnelles, limitées à quelques jours isolés dans l’année.
> Cette évolution traduit une situation de chaleur nocturne quasi permanente, constituant l’un des signaux les plus contraignants du changement climatique pour les Îles du Nord, avec des impacts majeurs en termes de confort thermique, de qualité du sommeil, de santé et de demande énergétique, dans des territoires insulaires denses et fortement urbanisés.
Nombre annuel de nuits chaudes (température minimale ≥ 25 °C) dans les Îles du Nord (Saint-Martin et Saint-Barthélemy), selon la médiane de l’ensemble Îles du Nord SocleOM-climat-2025, pour le climat récent (1991-2020) et pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030 (+1,4 °C), 2050 (+1,9 °C) et 2100 (+2,7 °C).
À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C) dans les Îles du Nord, les périodes de jours secs consécutifs seraient plus longues
> Dans le passé récent (1991-2020), les Îles du Nord connaissent déjà des séquences sans pluie parfois prolongées en saison sèche, avec environ 20 jours/an.
> À l’horizon 2100 de la TRACC (+2,7 °C), l’allongement des périodes sèches deviendrait nettement plus marqué, avec environ 24 à 25 jours par an, avec des séquences pouvant dépasser 40 à 50 jours dans certaines simulations. Cette évolution indique un risque accru de séquences sèches longues, même si leur occurrence exacte reste incertaine d’un modèle à l’autre.
> Ce signal traduit un risque accru de périodes sèches longues, cohérent avec la baisse des cumuls annuels et la diminution du nombre de jours de pluie. Il met en évidence un renforcement potentiel des situations de sécheresse météorologique, dans des territoires insulaires fortement contraints en ressources en eau.
Nombre maximal de jours secs consécutifs sur les Îles du Nord, selon la médiane de l’ensemble Îles du Nord SocleOM-climat-2025, pour le climat récent (1991-2020) et pour les niveaux de réchauffement territoriaux associés aux horizons TRACC 2030 (+1,4 °C), 2050 (+1,9 °C) et 2100 (+2,7 °C).