Infos climat Un printemps qui s'annonce de saison

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Printemps météo : nos prévisions saisonnières

19/02/2021

Chaque mois, un groupe d'experts de Météo-France et de Mercator Ocean (le centre français d'analyses et de prévisions océaniques) élabore des prévisions pour les trois mois à venir. Les prévisions saisonnières permettent de dégager une tendance générale à l'échelle de l'Europe de l'Ouest sur le trimestre qui suit (plus ou moins chaud, ou plus ou moins humide que la normale).

Le phénomène La Niña s’affaiblit progressivement au cours du trimestre mars-avril-mai 2021, cependant il influence encore fortement le climat sur de nombreuses régions du globe, notamment autour de l’océan Pacifique et de l’océan Indien.
Son impact est bien moindre sur l'Atlantique Nord et l'Europe, ce qui rend plus difficile la prévision. Une majorité de modèles s’accorde malgré tout pour prévoir des conditions anticycloniques renforcées sur le proche Atlantique et une partie du continent européen.

Retrouvez l'intégralité du bulletin de prévisions saisonnières ici.

Températures en Europe

Sur la Scandinavie, l’est de l’Europe et l’est du bassin méditerranéen, la probabilité d'un scénario chaud est majoritaire. Sur la façade atlantique de l’Europe, le scénario « proche des normales » est le plus probable. Ailleurs, aucune option n'est privilégiée.

Prévisions saisonnières probabilistes de températures pour le le trimestre mars - avril - mai 2021 - © Météo-France

Précipitations en Europe

Sur la Scandinavie, un scénario humide est probable. Ailleurs, aucune option n'est privilégiée.

Prévisions saisonnières probabilistes de précipitations pour le le trimestre mars - avril - mai 2021 - © Météo-France

Le vortex polaire : à l'origine des vagues de froid cet hiver aux USA et en Europe

Le vortex polaire a beaucoup fait parler de lui ces dernières semaines dans le cercle des climatologues, mais aussi dans les médias. Il a été « accusé » d’être à l’origine de vagues de froids en Europe ou aux États-Unis. Et en effet, lorsqu’il perd brutalement de son intensité, voire que sa direction s’inverse, il favorise la mise en place de circulations méridiennes et rend possible des descentes d’air polaire à nos latitudes. Or en janvier 2021, un tel phénomène s’est produit. Il est appelé « réchauffement stratosphérique soudain » (SSW en anglais, pour Sudden Stratospheric Warming), parce qu’il s’accompagne d’un réchauffement brutal dans la stratosphère, de plus de 30 °C dans les premiers jours de janvier 2021.

Outre ce caractère spectaculaire, il intéresse également les prévisionnistes et les climatologues, car il renforce la prévisibilité des conditions atmosphériques à l’échéance de plusieurs jours à plusieurs semaines. En effet, il s’écoule plusieurs jours entre l’observation du réchauffement stratosphérique (entre 10 et 50 km d’altitude) et ses conséquences dans la troposphère (les kilomètres les plus proches du sol, siège des évènements météorologiques). Et les changements importants dans la troposphère peuvent perdurer plusieurs semaines.

Depuis le début de l’année, les climatologues ont constaté un ralentissement du courant jet sur l’Atlantique Nord, autrement dit en termes techniques une phase négative de la NAO, l’Oscillation Nord-Atlantique. Le réchauffement stratosphérique soudain de début janvier y a vraisemblablement contribué. En prévision saisonnière, l’impact de ces perturbations dans la stratosphère reste cependant limité au début d’échéance. Même s’il est crucial de correctement prendre en compte de tels effets dans les modèles (ce qui est le cas dans la génération actuelle des modèles utilisés pour nos bulletins), leur effet est cependant moindre que celui des océans par exemple. 

Température observée vers 30 km d’altitude au-dessus du pôle Nord entre septembre 2020 et février 2021. En trait épais l’observation, en trait fin la climatologie. Début janvier, on peut voir le réchauffement majeur, et début février un second réchauffement important - © Japan Meteorological Agency

Pour en savoir plus sur le vortex polaire