Météo-France
La Vigilance vue par la Sécurité civile
03/02/2026L'anticipation des crises est un enjeu majeur de la Sécurité civile. Pour y répondre, Météo-France travaille étroitement avec le Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (Cogic). Le Colonel Jouassard, chef adjoint du Cogic, nous explique comment la Vigilance de Météo-France et l’appui opérationnel de ses prévisionnistes permettent d’anticiper les dangers et de protéger la population.
Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots quel est votre travail ?
Oui, je suis l'adjoint au chef du Centre opérationnel de gestion interministériel des crises, basé à Paris. Ce centre a plusieurs objectifs : la coordination opérationnelle de l'ensemble des effectifs de la Sécurité civile, et également de faire de la remontée d'information aux autorités, notamment le ministre de l'Intérieur.
Lorsqu'une Vigilance orange ou rouge est émise par Météo-France, que se passe-t-il ici au Cogic ?
Dès la Vigilance jaune, on a des réactions. Première réaction, c'est de veiller aux différents risques liés à la météo et ensuite, à partir de la Vigilance orange, on peut avoir un échange avec l'appui crise de Météo-France, c'est-à-dire une équipe spécialisée dans la prévision météorologique. Et sur ces Vigilances orange et rouge, parfois, le prévisionniste peut même intervenir au sein de notre cellule, au Cogic.
La Vigilance de Météo-France est élaborée chaque jour 24/24 h par les prévisionnistes de Météo-France, département par département. En quoi ce découpage départemental vous aide-t-il à répondre à la crise ?
Ce découpage a une vraie plus-value pour nos services d'incendie et de secours, puisque les services d'incendie et de secours, les sapeurs-pompiers, sont eux-mêmes structurés par départements. Donc cela permet d'avoir une première réponse en local. En termes de gestion, nous avons 7 zones de défense qui correspondent à la gestion des différents départements. Cela nous permet d'organiser, coordonner des appuis, que ce soit des renforts par des moyens ou appuis terrestres ou des moyens aériens, hélicoptères ou avions de la Sécurité civile.
Face à des phénomènes extrêmes, chaque heure compte. Avez-vous en tête un exemple d'une situation où la Vigilance de Météo-France, les prévisions des prévisionnistes de Météo-France ont permis de prendre des décisions cruciales à temps ?
J'ai plusieurs exemples, mais le dernier exemple en date, c'est le cyclone Chido (Le cyclone Chido a frappé Mayotte le 14 décembre 2024, NDLR). Durant le cyclone, on a pu avoir des informations 96 heures avant l'événement, stabilisées, confirmées. Et ça nous a permis, avec une coordination de l'État-major de zone, d'envoyer des équipes depuis l'Hexagone en direction de Mayotte. Elles ont donc vécu le cyclone de l'intérieur et elles ont pu réagir dès la fin de passage du cyclone. C'est un très bel exemple du partenariat entre Météo-France et la Sécurité civile.