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La grêle
24/03/2026La grêle est constituée de particules de glace de diamètre supérieur à 5 mm : les grêlons. Les épisodes de grêle se produisent en général lors d'orages violents, au sein de cumulonimbus. Moins de 10 % des cumulonimbus donnent de la grêle atteignant le sol.
Comment se forme la grêle ?
Au sein des cumulonimbus, il existe de forts courants ascendants et descendants entre la base, chaude et humide, et le sommet très froid du nuage. La glace se forme dans cette « colonne d'ascendance » autour de petites particules solides appelées « noyaux glaçogènes ». Ces impuretés proviennent d'éléments soit naturels (poussière, suie volcanique…), soit artificiels (rejets des réacteurs d'avion…).
Les grêlons se développent à l'intérieur du nuage par dépôts successifs de glace sur ces noyaux glaçogènes, avant de tomber au sol sous forme d'averses de grêle. Il arrive souvent que les grêlons fusionnent entre eux pour donner des particules encore plus grosses : on parle d'accrétion.
La grêle en vidéo
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Et si l’on parlait de la grêle, ces petites billes de glace qui tombent parfois du ciel. Vous vous demandez d’où elles viennent exactement ?
D’abord, la grêle, c'est quoi ? Ce sont des précipitations sous forme de glace. Contrairement à la neige, les grêlons sont de petites boules solides qui font au moins 5 millimètres de diamètre.
Mais comment ces grêlons se forment-ils ? Tout commence dans les nuages d'orage. Ces nuages, appelés cumulonimbus, peuvent atteindre des hauteurs impressionnantes, jusqu'à 15 000 mètres !À l'intérieur de ces nuages, des courants très puissants emportent les gouttelettes d'eau vers le haut, où les températures sont très froides.
En montant, ces gouttelettes d'eau se transforment en glace. Puis en petits cristaux de glace.
Plus les ascendances du cumulonimbus sont fortes, plus la particule reste longtemps en suspension dans le nuage. Elle a alors plus de temps pour collecter l'eau présente dans le nuage. Ainsi, les grêlons grandissent de plus en plus ! Ce sont donc les cumulonimbus les plus violents qui génèrent les plus gros grêlons.Quand les grêlons deviennent trop lourds pour être maintenus par les courants ascendants, ils tombent du nuage. Et c'est ainsi que nous voyons des grêlons tomber du ciel, parfois de la taille d'un petit pois, parfois aussi gros qu'une balle de golf !
La prochaine fois que vous verrez des grêlons tomber, vous saurez d'où ils viennent et comment ils se sont formés.
La grêle peut causer pas mal de dégâts, surtout pour les bâtiments et plus encore pour l'agriculture. Restez informés ! À bientôt pour de nouvelles découvertes météo !
Qu’est-ce que le grésil ?
Lorsque des particules de glace de moins de 5 mm de diamètre, plutôt opaques, tombent d'un cumulonimbus et rebondissent au sol sans se briser, on parle de grésil.
Qu’est-ce qu’un grêlon ?
Les grêlons, eux, font plus de 5 mm de diamètre. Ils sont de forme plus irrégulière, quoiqu'assez souvent circulaire. Ils sont de forme irrégulière, quoique assez souvent circulaire. Lorsque plusieurs grêlons fusionnent, on obtient des formes parfois complexes ou insolites.
Un grêlon est généralement composé d'une alternance de couches de glace concentriques opaques ou transparentes, selon les différents types de croissance qu'il a subis.
Quels sont les orages qui génèrent les plus gros grêlons ?
Si les courants ascendants sont faibles, la particule qui grossit va très rapidement descendre et être éjectée du nuage. Comme elle est de petite dimension, elle fond avant d'atteindre le sol ; il ne tombe alors que de la pluie.
Dans le cas contraire, plus les ascendances du cumulonimbus sont fortes, plus la particule reste longtemps en suspension dans le nuage. Elle dispose alors de plus de temps pour collecter l'eau présente dans le nuage à l’état liquide et gazeux qui s’accumule à l’état solide sur le noyau glaçogène. Ce sont donc les cumulonimbus les plus violents qui génèrent les plus gros grêlons.
Quels sont les dégâts et dangers associés à la grêle ?
Les averses de grêle, de façon générale, durent peu de temps et ne touchent que des superficies limitées. Mais dans certains cas, plusieurs supercellules sont présentes en même temps sur une région, provoquant plusieurs orages de grêle simultanés. Sur une surface de 100 kilomètres carrés, de telles averses peuvent déverser en moyenne 300 milliards de grêlons en 5 à 10 minutes, ce qui correspond à une masse d'environ 50 000 tonnes. La grêle constitue souvent un fléau pour des structures matérielles de toutes sortes, mais surtout pour les bâtiments et plus encore pour l'agriculture.
D’après le rapport de mission de 2024 sur l’assurabilité des risques climatiques, « les plantes et les cultures peuvent être affectées pour des grêlons de plus de 5 mm » de diamètre. Au-delà de 2 cm, « des structures légères peuvent être endommagées (vitres, plastiques) », et au-delà de 2,5 cm, « ce sont les personnes, les voitures et les toits en tuiles qui sont à risque ».
La grêle, si elle tombe en quantité, peut notamment perturber l’écoulement de l’eau de pluie en bouchant les canalisations d’évacuation, entraînant ainsi un ruissellement accru pendant l’épisode.
Comment se protéger de la grêle ?
Si cela est possible, il faut avant tout se mettre à l’abri dans un bâtiment en dur pour vous protéger de la grêle et plus globalement de l’orage. Il ne faut pas s’abriter sous un arbre.
Si vous n’avez pas d’endroits pour vous abriter à proximité, il faut s’accroupir, pieds joints, et vous couvrir la tête avec par exemple votre sac, veste, pour limiter l’impact du grêlon.
Quelles sont les régions les plus touchées par la grêle ?
On peut observer de la grêle dans l'ensemble de l'Hexagone, mais elle touche plus fréquemment les régions du Sud-Ouest et Centre-Est.
13 centimètre pour le plus gros grêlon mesuré en France
D’après les observations référencées dans la base European Severe Storms Laboratory (ESSL), le plus gros grêlon mesurait 13 cm, à Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées) le 20 juin 2022.
Quant aux épisodes de grêle remarquables, en juin 2025 des grêlons de 10 cm ont été observés en Aquitaine à Peyrehorade, ainsi qu'en région Auvergne-Rhône-Alpes, dans les communes de Job et Marat.
À Paris, on a observé des grêlons d'environ 8 cm le 8 juin 2014 et des grêlons de 3 à 4 cm en région parisienne le 3 mai 2025.
Comment détecte-t-on la grêle ?
L’observation humaine
L’observation directe de la grêle au sol est faite en premier lieu grâce aux observations humaines transmises via les réseaux sociaux ou sur l’application mobile de Météo-France. Lorsqu’une indication de la taille des grêlons et une photo permettant de vérifier cette taille sont disponibles, ces informations permettent la constitution de bases de données de rapports de grêle, très précieuses pour évaluer et améliorer les algorithmes de détection et de prévision de grêle.
Les radars météorologiques
Pour détecter la grêle en temps réel, l’instrument de mesure le plus couramment utilisé est le radar météorologique au sol, qui permet de localiser les précipitations (comme la pluie, la neige, la grêle, le grésil…) et de mesurer leur intensité. Météo-France dispose d’un réseau de 39 radars en France hexagonale et Corse qui produisent des images des précipitations toutes les 5 minutes.
Le saviez-vous ?
L’antenne du radar émet des ondes électromagnétiques qui se déplacent à la vitesse de la lumière. Ces ondes interagissent avec les précipitations qu’elles rencontrent et renvoient le signal vers l’antenne, on parle de rétrodiffusion. À partir de la puissance du signal reçue, on peut estimer l’intensité des précipitations. Le radar calcule également la distance qui le sépare des précipitations. Il localise ainsi les zones précipitantes et mesure leur intensité dans un rayon d’environ 250 km.
La puissance du signal est aussi convertie en un “facteur de réflectivité radar (dBZ)” dont la valeur dépend principalement de la taille et de la composition des précipitations. Les grêlons, qui sont plus gros que les gouttes de pluie ont ainsi une réflectivité en général plus élevée (> 55 dBZ).
Les radars météorologiques de Météo-France sont depuis quelques années équipés d’une technologie appelée “double-polarisation” qui leur permet de mesurer des variables supplémentaires, qui aident à distinguer le type de précipitation (pluie, neige ou grêle). Grâce à toutes ces observations, Météo-France a développé un diagnostic qui permet de détecter la grêle en temps réel, avec trois classes de taille :
- petite (qui correspond en fait à du grésil, supérieure à 5 mm) ;
- moyenne (entre 5 et 20 mm) ;
- ou grosse (supérieure ou égale à 20 mm).
Comment prévoit-on la grêle ?
Pour prévoir la grêle, il faut avant tout prévoir les orages. Les modèles numériques de prévision du temps ne représentent que partiellement les phénomènes de petite taille, mais ils permettent d'identifier les zones géographiques qui réunissent les conditions favorables au développement des cumulonimbus (nuages associés aux orages) et donc le déclenchement des orages. Difficile cependant de déterminer leur localisation avec une grande précision. Les modèles à plus haute résolution permettent justement de progresser dans la prévision des orages, en prenant par exemple mieux en compte les effets du relief et de la nature des sols, les diverses observations disponibles et en particulier celles issues des radars de précipitations. Il décrit aussi plus précisément les processus physiques responsables de la formation des orages.
La prévision de la grêle est ainsi faite de manière indirecte, à partir de la prévision de la sévérité de l’orage.
Quel est l’impact du changement climatique sur les épisodes de grêle ?
L’évolution des épisodes de grêle est liée à l’évolution future des orages et elle reste encore incertaine. S’ils ne seront pas forcément plus nombreux, on peut s’attendre, dans un climat plus chaud, à une intensification des pluies extrêmes sous orage : en effet, l’atmosphère peut contenir et transporter 7 % de vapeur d’eau en plus par degré supplémentaire.
Pour étudier l’évolution future de ces phénomènes orageux dans un climat plus chaud, une nouvelle génération de modèles régionaux de climat à haute résolution, basée sur le modèle utilisé pour la prévision numérique du temps à Météo-France (AROME), a été récemment développée. Contrairement aux modèles à résolution plus grossière, ils sont capables de représenter de manière réaliste les orages, et permettront prochainement d’apporter des réponses sur les potentiels changements des risques orageux sur la France.
Le 6e rapport du GIEC estime, avec un niveau de confiance faible, que les épisodes de grêle pourraient augmenter pour des niveaux de réchauffement planétaire importants. Ce niveau faible de confiance s’explique notamment par le fait que les modèles de climat actuel représentent pas ou mal les phénomènes menant aux épisodes de grêle. Les études publiées depuis la publication du rapport du GIEC indiquent que les événements de grêles, notamment avec des grêlons de grande taille, seront en augmentation (Raupach et al., 2021). Cette tendance à l’augmentation de la taille des grêlons lors des événements est projetée notamment pour la France, mais également avec potentiellement une réduction des événements avec des grêlons plus petits dans certaines régions.