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De la fraîcheur aux Saints de glace : est-ce toujours d’actualité ?
12/05/2026Cette année, les saints de Glace portent bien leurs noms. En France, les premières semaines du mois de mai s'accompagnent souvent de changements de temps marqués, avec des températures oscillant entre des valeurs presque estivales ou encore quasi hivernales. Les Saints de glace, entre le 11 et le 13 mai, sont ainsi une période traditionnellement redoutée pour les gelées tardives. Selon les croyances populaires remontant jusqu'au Moyen-Âge, une fois cette période passée, le gel ne serait plus à craindre. Est-ce réellement le cas ?
Une croyance fausse deux années sur trois !
On a coutume de dire qu’il y a un risque de gelées en plaine jusqu’aux Saints de Glace, les 11, 12 et 13 mai. Cette croyance populaire sert de repère aux jardiniers.
La climatologie récente montre que deux années sur trois, la dernière période de froid de l'année a eu lieu après les Saints de Glace...
Étude de 130 stations sur plus de 70 ans
Une étude sur 130 stations a été réalisée en métropole, en plaine (altitude max 400m), en s'intéressant aux occurrences de gelées entre le 14 mai et le 30 juin (inclus). La période temporelle est 1951-2023, soit 73 années.
Sur 73 années étudiées, il y a 49 années où au moins une station en France métropolitaine a mesuré du gel entre les Saints de Glace et le 30 juin. On a donc 67% des cas (soit 2 années sur 3) où la dernière période de froid de l'année a eu lieu après les Saints de Glace. Ce phénomène est donc faux 2/3 du temps.
On peut souligner une tendance à la baisse des périodes de gel à grande échelle, puisque après 1995, c'est l'année 2012 qui compte le plus de stations avec gelée la même année, au nombre de 31 seulement. Avant 1995, il y avait régulièrement des années où 30 stations ou plus mesuraient des gelées après les Saints de Glace.
Si on regarde par décennie, on constate que la décennie 1990 compte le plus d'années sans mesure de gel (5 années, soit 50%), bien qu'elle contienne 1995, l'année comportant le maximum de stations ayant mesuré du gel (70 stations). La décennie 2010 compte le moins d'années sans mesure de gel (2 années, soit 20%). Il gèle donc plus régulièrement entre 2010 et 2020 qu'entre 1990 et 2000, mais à moins d'endroits.
Qui sont les Saints de glace ?
Les Saints de glace, associés aux inquiétudes des jardiniers, sont au nombre de trois : Saint Mamert (11 mai), Saint Pancrace (12 mai) et Saint Servais (13 mai). Selon la tradition populaire, ils ont la réputation d'apporter le froid et la gelée, signature d'un ultime sursaut de l'hiver : « Les Saints Servais, Pancrace et Mamert : à eux trois, un petit hiver ».
En France, les premières semaines du mois de mai s'accompagnent souvent de changements de temps marqués, avec des températures oscillant entre des valeurs presque estivales ou encore quasi hivernales. Les Saints de glace sont ainsi une période traditionnellement redoutée pour les gelées tardives. Selon les croyances populaires, une fois cette période passée, le gel ne serait plus à craindre. En observant les températures minimales ces dernières années les 11, 12 et 13 mai, on constate qu'elles sont, sans surprise, contrastées d'une année sur l'autre. Par ailleurs, des gelées en plaine ne sont pas impossibles après les Saints de glace.
Des Saints de glace peu gélifs ces dernières années
En 2026, la période des Saints de glace coïncide avec un rafraîchissement. Un afflux d'air d'origine polaire est venu limiter les maximales à 13 à 15 °C au nord de la Seine le 11 mai, tandis que la nuit du 11 au 12 mai a été particulièrement froide des Hauts-de-France au Grand-Est, avec de petites gelées sous abri. On relève ce mardi 12 mai 2026 jusqu'à -1,7 °C à Mourmelon-le-Grand (Marne), -1.0 °C à Charleville-Mézières (Ardennes) et +0.5 °C à Beauvais (Oise). Le 13 mai, un nouvel afflux d'air polaire maritime engendre une situation à giboulées au nord de la Loire et ce temps froid et humide se prolonge pour le week-end de l'Ascension.
En 2025, après un pic de chaleur précoce tout début mai, la France a connu des températures proches des normales jusqu’à un nouveau pic chaud fin mai.
En 2024, après les fréquentes gelées matinales de la deuxième quinzaine d’avril, les Saints de glace correspondent à la fin d’une période anticyclonique et plutôt chaude sur la France. Ainsi les températures minimales comme maximales, sont 2 à 4 °C au-dessus des normales du 11 au 14 mai. Le 13 mai, les températures minimales ont même dépassé 15 °C à Toulouse, Paris et Strasbourg.
En 2023, le mois de mai a démarré avec des températures en moyenne douces pour la saison puis ont été plus proches des valeurs de saison, voire légèrement fraîches pour les Saints de glace. Mais pas de pic de froid ! Et encore moins de gelées !
En 2022, les journées du 11 au 13 mai sont restées très douces pour la saison. Un épisode inédit de chaleur précoce du 15 au 22 mai a ensuite concerné la France qui a ainsi connu son mois de mai le plus chaud depuis 1900.
En 2021, du 11 au 13 mai, la France a connu des températures 2 °C en dessous des normales et le mois de mai a été marqué par une persistance de températures fraîches, sans gelées néanmoins.
Les Saints de glace ont véritablement justifié leur réputation en 2010, avec quelques gelées éparses le 12, plus répandues sur les régions proches de la Manche le 13, gagnant les régions du Centre-Ouest au nord du pays les 14 et 15. On a ainsi relevé -2 °C à Pleucadeuc (Morbihan) le 13, -3 °C à Flers (Orne), -1 °C à Caen (Calvados) et au Touquet (Pas-de-Calais) le 14.