A la une 2023, année la plus chaude pour notre planète.

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2023, année la plus chaude pour notre planète

08/12/2023

Alors que nous célébrons ce 8 décembre la journée mondiale du Climat, qui sensibilise à lutter contre le changement climatique, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et l’agence européenne Copernicus annoncent que 2023 sera l’année la plus chaude jamais mesurée à l’échelle du globe. Le mois de décembre ne pourra rien changer.

2023, l'année la plus chaude jamais enregistrée

Selon Copernicus, dont fait partie Météo-France, l’année 2023 est l’année la plus chaude depuis le début de l’ère préindustrielle (1850-1900). À l’échelle du globe, les 11 premiers mois de 2023 ont été si chauds que les températures mondiales de décembre ne pourront pas peser sur ce classement. 2023 dépasse 2016 (2e année la plus chaude) et 2020 (3e année la plus chaude). L’anomalie de température mondiale relevé sur l’année 2023 jusque fin octobre est de +1,4 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Pour rappel, l’accord de Paris avait fixé pour objectif de limiter le réchauffement global en dessous de +1,5 °C par rapport au préindustriel. 

Où et quand cette chaleur remarquable a-t-elle été sensible cette année?

L’atmosphère a été particulièrement chaude cette année se manifestant, dans différentes régions du monde, par des vagues de chaleur. 

Dans la continuité de 2022, année la plus chaude que la France a connue depuis le début du XXe siècle, l’année 2023 a été aussi particulièrement chaude en France. Selon toute vraisemblance, l’année 2023 devrait se classer au deuxième rang des années les plus chaudes dans l’Hexagone. L’Hexagone a connu des épisodes caniculaires, dont celui de fin juillet sur le centre est du pays. Puis la France a enregistré  la plus longue et la plus intense vague de chaleur après un 15 août. Débutant sur le centre-est du pays, l’épisode de chaleur a progressivement gagné en intensité sur le midi méditerranéen avec un pic les 23 et 24 août. De nombreux records de températures minimale et maximale ont été battus notamment, le 23 août, à Menton (06) où le mercure n’est pas descendu sous 30,4 °C  et à Nyons (26) où le mercure a culminé à 43,0 °C.  

Nos voisins européens ont aussi été concernés, en particulier en Italie où les températures maximales ont été exceptionnellement chaudes. Le 24 juillet, le mercure a atteint les 48,2 °C en Sardaigne, à Lotzorai et Jerzu, seulement 0,6 °C en dessous du record européen haut absolu (49,0 °C) établi en Sicile en 2021. D’autres pays ont connu des records de températures cet été, comme la Tunisie (49,0 °C à Tunis le 24 juillet), l’Albanie (43,0 °C à Tirana le 25 juillet), le Maroc (50,4 °C à Agadir le 11 août), et l’Algérie (49,2 °C à Alger le 23 juillet).

La chaleur s’est aussi fait ressentir sur une partie des territoires ultramarins tels que la Guyane.  L’Amérique du Sud, en particulier les régions à l’est des Andes, ont subi une vague de chaleur entre fin septembre et début octobre. La Guyane n’a pas échappé à cette vague de chaleur . Le 25 septembre, le mercure a culminé à 39,1 °C à Grand Santi établissant un nouveau record haut absolu de température maximale sur le département. 

La chaleur de 2023 a eu diverses incidences sur la cryosphère et la couverture végétale

En Antarctique, l’état de la banquise a également témoigné, l’été austral dernier, de cet événement chaud. Le 21 février 2023, la banquise s’est rétracté jusqu’à ce que sa surface atteigne 1,79 million de km². Ainsi, la surface de la banquise est passée en dessous du précédent record bas de surface atteint en 2022.

Les fortes chaleurs favorisent aussi les incendies. Entre fin août et début septembre, la Grèce a connu le plus large incendie de l’Union Européenne depuis 2000. Le Canada a vu sa saison des feux démarrer dès fin avril pour ne s’achever qu’à l’automne, avec un total de zone brûlée voisin de 6 fois le total moyen des 10 dernières années.
 

Dans quelle mesure le changement climatique a-t-il contribué à cet événement chaud ?

L’année 2023 n’étant pas encore finie, l’événement chaud n’a pas encore fait l’objet d’une étude d’attribution au changement climatique causée par les activités humaines. Pour l’année 2016 (+1,16 °C par rapport au pré-industriel), une étude d’attribution a montré que le changement climatique avait contribué au réchauffement des températures annuelles sur la planète.

Qu'est-ce que la variabilité interne du climat dans ce bilan annuel chaud ?

Depuis septembre, c’est la phase El Niño qui prédomine et devrait atteindre son paroxysme en janvier 2024. Une situation El Nino tend à faire augmenter la température à l'échelle du globe.

En plus  des forçages externes au système climatique tels que l’accumulation de gaz à effet de serre, le système climatique possède en effet une variabilité interne. Le principal phénomène responsable de la variabilité d’une année à l’autre du climat global est l’oscillation australe El Niño. Ce phénomène a lieu dans l’est de l’océan Pacifique tropical. La phase La Niña du phénomène correspond à des températures de surface de la mer plus froides qu’en moyenne. À l’inverse, sa phase El Niño correspond à des températures de surface de la mer plus chaudes qu’en moyenne. Cette phase du phénomène induit un réchauffement planétaire.