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Hiver 2025-2026 : le bilan climatique de Météo-France

04/03/2026

L'hiver météorologique (décembre, janvier, février) s'est achevé le 28 février. Découvrez le bilan climatique de l'hiver 2025-2026 de Météo-France. Parmi les faits marquants, cet hiver se classe au 8e rang des hivers les plus pluvieux et au 4e rang des hivers les plus doux.

Un hiver marqué par une succession d'intempéries

Entre le 7 janvier et le 19 février 2026, la situation météorologique a favorisé le défilé de perturbations et tempêtes actives (Goretti, Nils et Pedro) sur notre pays. La plupart des régions ont connu des pluies quasi-quotidiennes sur des sols déjà souvent saturés. La neige est tombée en quantité abondante sur la plupart des massifs. Ces précipitations ont engendré des crues majeures et des inondations durables, notamment sur la façade atlantique et dans le Sud-Ouest du pays.

Un hiver particulièrement pluvieux et doux

  • L'hiver 2025-2026 figure parmi les 10 hivers les plus arrosés depuis 1959, marqué par des crues majeures sur la Garonne, la Maine, la Loire et la Charente, entre autres.
  • L'hiver 2025-2026 se classe au 4e rang des hivers les plus doux depuis 1900 (derrière les hivers 2019-2020, 2015-2016, 2023-2024). La France connaît ainsi une série d’hivers consécutifs anormalement chauds depuis 2019.

Classement des hivers les plus chauds en France

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    Les 10 hivers les plus chauds en France depuis 1900

    • 2020 : 8,2 °C
    • 2016 : 8 °C
    • 2024 : 7,8 °C
    • 2026 : 7,6 °C
    • 1990 : 7,4 °C
    • 2007 : 7,3 °C
    • 2014 : 7,3 °C
    • 2001 : 7,2 °C
    • 1995 : 7,2 °C
    • 1975 : 7,2 °C

Pourquoi l’hiver 2025-2026 a-t-il été si pluvieux ? Le bilan de Météo-France en vidéo
 

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    Cet hiver, on a vécu une série de pluie en France quasi interminable avec 40 jours consécutifs.
    La plupart des régions ont ainsi connu des pluies quasi quotidiennes sur des sols déjà souvent saturés et de la neige en quantité abondante sur les massifs.
    Et pourtant… cet hiver est à la fois l’un des plus doux… avec quelques valeurs inédites.

    En fait, la météo a été en mode replay pendant plusieurs semaines - la faute à cette zone dépressionnaire installée au-dessus de l’Atlantique, qui a envoyé vers l’Europe de l’Ouest un enchaînement de perturbations, parmi lesquelles plusieurs tempêtes comme Goretti, Nils, Pedro…
    Dans certaines régions, il a plu plus d’un jour sur deux.
    Et en Bretagne… c’est carrément deux jours sur trois.
    Février 2026 devient le mois de février le plus pluvieux depuis 1959.
    Et sur toute la saison, nous sommes dans les 10 hivers les plus arrosés depuis 1959.
    Des pluies remarquables, mais aussi des températures en moyenne anormalement élevées/hautes pour la saison.
    Nous sommes à +1,7 °C en moyenne : il n’y a eu qu’une parenthèse hivernale au milieu de nombreuses semaines au-dessus des normales.
    Cet hiver est le 4e plus doux depuis 1900, derrière… 2020, 2016 et 2024, qui sont aussi des années récentes.
    Et, fait remarquable : février 2026 est au deuxième rang des mois de février les plus chauds, derrière février 1990.
    En février, il n’y a eu aucun jour sous la normale, avec plus de 20 °C sur une large portion du territoire, et plus de 25 °C dans le Sud-Ouest.

    Des températures dignes du printemps… et symptomatiques d’un climat qui se réchauffe !

Un mois de février historique

  • Février 2026 est le mois de février le plus pluvieux depuis 1959.
  • Février 2026 figure au 2e rang des mois de février les plus chauds depuis 1900 (+3,5 °C par rapport à la normale 1991-2020), derrière février 1990 (+4,0 °C).

Précipitations hiver 2025-2026

Des sols saturés en fin d’hiver, limitant l’infiltration de l’eau et les décrues

À la fin de l’hiver, les sols sont très humides sur la quasi-totalité du pays. Au total, la France aura connu 49 jours en Vigilance crue de niveau orange ou rouge sur l’hiver, soit plus de deux fois la moyenne historique des 20 années d’existence du service de la Vigilance aux crues.

Enneigement abondant dans les Alpes et les Pyrénées en février

Avec la séquence perturbée de fin janvier et février, l’enneigement est devenu excédentaire sur l’ensemble des massifs. L’enneigement a même été exceptionnel par endroits, notamment sur l’est des Pyrénées, en Ariège ou dans les Pyrénées-Orientales. Dans certains secteurs des Alpes et des Pyrénées, on relève parfois plus de 3 m de neige au-dessus de 2000 mètres.

En lien avec les intempéries (chutes de neige abondantes, vent fort, redoux brutal), le risque avalanches a été important pendant plusieurs jours. Certaines avalanches ont été d’ampleur exceptionnelle et ont atteint des secteurs très bas en altitude.

Températures : une seule petite séquence hivernale au milieu d’une grande douceur

Hormis l'épisode de froid remarquable, pour le climat actuel, qui s'est mis en place fin décembre 2025 et a duré jusqu’au début du mois de janvier, une grande douceur s’est installée. Décembre 2025 a été très doux (+1,5 °C), janvier 2026 proche de la normale (+0,3 °C), et février 2026 très anormalement chaud (+3,5 °C). En février, il n’y a eu aucun jour sous la normale. Le mois s’est même achevé dans une extrême douceur, avec plus de 20 °C sur une large portion du territoire et plus de 25 °C dans le Sud-Ouest.

Un ensoleillement déficitaire en février 2026, et légèrement déficitaire au cours de l’hiver, conséquence du défilé de perturbations

Après un mois de décembre 2025 plus ensoleillé que la normale (+10 %) et un mois de janvier 2026 proche de la normale, février 2026 affiche un net déficit d’ensoleillement (environ -20 %) malgré le retour du soleil en fin de mois. En février, l’ensoleillement a été déficitaire sur la quasi-totalité de l’Hexagone et la Corse. À l’échelle de l’hiver, l’ensoleillement est déficitaire d’environ 5 %.

Hiver 2025-2026 : le zoom régional

Bilan régional hiver 2025-2026

Des températures élevées pour la saison

Après un automne proche des normales, l’hiver 2026 est marqué par des températures élevées pour la saison sur l’ensemble des régions, à l’exception de la période du 24 décembre au 7 janvier. Les températures moyennes affichent 1,7 à 2,1 °C au-dessus des normales sur une large moitié nord, à l’exception de la Bretagne. Sur les régions de l’Occitanie, Provence - Alpes - Côte d’Azur et Corse, l’anomalie est un peu moins marquée (+1,5 °C). Les températures maximales ont été particulièrement élevées pour la saison du Centre - Val de Loire à l’Île-de-France.

En fin d’hiver, plusieurs villes ont connu des températures printanières précoces le 25 février comme :

  • Paris avec 20,4 °C ;
  • Cherbourg (Manche) avec 21,2 °C ;
  • ou Châteauroux (Indre) avec 24,0 °C.

Des précipitations souvent excédentaires

Après un automne souvent peu arrosé, la pluviométrie de l’hiver 2026 est excédentaire sur la quasi-totalité des régions, avec un excédent compris entre +20 et +70 % sur la moitié ouest et le sud du pays. La pluviométrie en Occitanie comme en Corse atteint en moyenne deux  fois  la  normale. En  revanche, les régions de la Normandie aux Hauts-de-France, à l’Île-de-France et à la Bourgogne-Franche-Comté ont bénéficié d’une pluviométrie proche des normales. Seule la région Grand Est, plus épargnée par les passages perturbés, accuse un déficit de plus de 15 % sur la saison.

Les cumuls de pluie durant l’hiver ont atteint localement des niveaux inédits comme par exemple à :

  • Durban-Corbières (Aude) avec 737 mm ;
  • Montpellier (Hérault) avec 526 mm ;
  • ou à Albi (Tarn) avec 312 mm.

Crues

En termes de vigilance Crues, Vigicrues dresse le bilan suivant pour cet hiver 2025-2026 :

  • 30 jours en Vigilance jaune ;
  • 32 jours en Vigilance orange ;
  • 18 jours en Vigilance rouge : c'est le record absolu depuis la création de la vigilance aux crues en 2006.

A partir de janvier 2026, c'est une succession d'épisodes de crues consécutifs aux pluies durables sur le pays. Ainsi, la Bretagne a été placée en Vigilance crues pendant 40 jours depuis le 1er janvier 2026. Ces conditions météo ont été aggravées par le passage de dépressions et des épisodes de fortes marées qui ont engendré des débordements dommageables dans les estuaires des rivières de la façade atlantique.

Cette succession de crues a culminé du 13 au 20 février avec le passage des tempêtes Nils et Pedro : jusqu'à 174 tronçons (83 départements) ont été placés en Vigilance, soit plus de la moitié des rivières surveillées par Vigicrues, et des Vigilances rouges ont été déclenchées pour la Garonne de Tonneins à Cadillac, la Charente autour de Saintes, la Loire de Saumur à Montjean et les basses vallées angevines (Sarthe, Mayenne, Loir et Maine) autour d'Angers.
C'est une activité inédite pour le réseau Vigicrues depuis la création de la Vigilance aux crues en 2006.

Ces épisodes de crues sont remarquables par leur étendue géographique et leur persistance dans le temps. Les niveaux atteints, s'ils ne constituent pas les plus hautes eaux répertoriées, correspondent à des crues historiques.

>> Retrouvez notre bilan climatique complet de l'hiver 2025-2026

Le saviez-vous ?

D’une année à l’autre, les précipitations fluctuent beaucoup. Cependant, dans une France à + 4 °C selon la TRACC, on peut s’attendre à des précipitations augmentant de l’ordre de 20 % à l’échelle de la France en saison hivernale.

Pour aller plus loin : Comment le changement climatique modifie les précipitations en France