Questions Le 6 février des poussières de sable étaient remontées jusqu'en Alsace. Ici à St-Gervais-Les-Bains (74)

Infoclimat / mikah74

Ciel orange et sable : D'où vient ce phénomène ?

22/02/2021

Sous certaines conditions, le continent européen, et particulièrement le sud de la France, connaît des transports de poussières sahariennes qui donnent au ciel une couleur orangée et un peu sable au sol. Dépôt de poussières, qualité de l’air, couleur du ciel, changement climatique… Quelques éléments d’explication.

Comment le sable saharien traverse-t-il la Méditerranée ?

C’est une situation plus fréquemment observée en hiver. Il faut en effet que la circulation atmosphérique prenne une composante méridienne particulièrement marquée : les perturbations vont alors circuler très au sud, avec des centres dépressionnaires plongeant jusque sur le nord-ouest de l’Afrique du Nord. La dépression, associée aux vents forts qu’elle génère, soulève alors le sable du désert africain. Dans un contexte de flux de sud puissant et régulier depuis le Maghreb jusqu’aux rivages européens, les particules transportées par le vent traversent la mer et peuvent venir se déposer jusque sur le sud de l’Europe. Ce phénomène est relativement classique dans les régions méditerranéennes. Plus au nord, le phénomène est également possible mais plus difficile à observer car les masses d’air en jeu ont tendance à d’abord déposer les poussières, plus au sud (phénomène typique dans les Pyrénées ou les Alpes) d’autant plus que les précipitations favorisent le lessivage de la masse d’air.

Pourquoi le ciel est orange ?

C’est un phénomène optique dû à la diffusion sur les particules de poussière qu’on peut observer ocre, jusqu’à orange et rouge si le soleil est bas sur l’horizon (coucher, lever).

A priori, on a plus de chances de voir un ciel «apocalyptique» au matin ou le soir, avec des basses couches sèches (ciel clair ou plafonds nuageux très élevés).

Actuellement, il n’y a bien sûr pas de prévision opérationnelle de couleur, ne s’agissant pas d’un phénomène ayant un impact sur la sécurité des biens et des personnes. En revanche, la dégradation de l’air associée est bien sûr surveillée.

Quel est l’impact sur la qualité de l’air ?

Ces poussières présentes dans l’air s’ajoutent aux autres particules polluantes et contribuent à dégrader la qualité de l’air. Ce sont les agences régionales de la qualité de l’air qui sont en charge de surveiller et d’informer sur celle-ci (Airparif pour la région parisienne par exemple). À l’échelle nationale et sur de plus longues échéances, c’est l’organisme Prev'Air qui réalise des prévisions de qualité de l’air, en partenariat avec l’Ineris et Météo-France dont les données alimentent leur modèle de prévision.

Doit-on s’attendre à une recrudescence de tels phénomènes dans le futur ?

Il ne faut pas conclure de ces deux épisodes que l’on assiste à une augmentation de leur fréquence. C’est un phénomène connu des régions méditerranéennes, moins dans les régions plus septentrionales, et sa médiatisation accrue ce mois-ci n’implique pas une multiplication des phénomènes. Celui-ci est essentiellement météorologique : c’est une circulation atmosphérique spécifique qui produit ce type de phénomène et il n’y a actuellement pas de résultats montrant une recrudescence de ce régime météorologique dans les projections climatiques. De plus, pour soulever du sable, il faut du sable, donc la question dépasse alors la météorologie pour rejoindre d’autres domaines : géographie, géologie, agronomie, urbanisme, etc.