Planète Illustration Australie

Getty Images / Timothy Ball

Australie : comment expliquer la chaleur extrême ?

20/02/2020

L'Australie subit depuis plusieurs mois une saison chaude exceptionnelle qui alimente des incendies dévastateurs. Comment expliquer ces conditions extrêmes ? Sans doute par de fortes anomalies de circulation atmosphérique à grande échelle qui s'ajoutent au contexte de réchauffement global.

L'Indian Ocean Dipole en cause

Cette année et surtout ce début de saison chaude exceptionnels sur l'Australie s'expliquent en grande partie par une combinaison de facteurs associés à la circulation générale de grande échelle, notamment certaines grandes ondes ou oscillations planétaires à l'échelle saisonnière ou intra-saisonnière dans une configuration favorisant la sécheresse et la chaleur sur l'île-continent, ainsi que des coups de vents récurrents près des côtes sud-est australiennes.

L'Australie subit ainsi notamment les effets de la phase fortement positive de l'oscillation appelé Indian Ocean Dipole (IOD)* à quoi s'ajoute aussi une phase négative de l'Oscillation Antarctique (AAO) qui s'est installée au cours du printemps austral suite à un rare réchauffement stratosphérique soudain sud-hémisphérique :

- en premier lieu, une oscillation appelée l' « Indian Ocean Dipole » (IOD) qui a été dans une phase fortement positive au cours de la deuxième moitié d'année 2019, atteignant un pic au cours du mois d'octobre (eaux plus chaudes que la normale côté ouest de l'océan Indien, favorisant des excédents thermiques et une forte activité pluvieuse/cyclonique, tandis que des eaux plus froides côté Indonésie favorisent des mouvements atmosphériques descendants et une sécheresse chronique sur le bord oriental du bassin, dont l'Australie).

L'Australie subit les effets d'une anomalie d'une oscillation appelé Indian Ocean Dipole

- en second lieu, une oscillation antarctique en phase négative (anomalie de pression élevée sur l'Antarctique vs anomalie de basse pression au large du sud de l'Océanie, favorisant dans sa bordure nord des coups de vents d'ouest récurrents sur le sud-est de l'Australie, synonymes d'apport d'air chaud et sec du désert australien vers la frange littorale du côté de Sydney, dans une atmosphère plus venteuse que la normale, aggravant le risque d'incendies). Cette oscillation est notée AAO (pour Antarctic Oscillation), équivalent sud-hémisphérique de l'oscillation arctique (AO).

- enfin, la tendance de fond du réchauffement climatique, qui accentue les extrêmes chauds et favorise des sécheresses plus intenses et/ou durables.

Anomalie globale de températures en décembre 2019

Les effets combinés de l'AAO- et de l'IOD+ sur le géopotentiel à 500 hPa contribuent indirectement à une forte anomalie positive sur l'Australie. L'AAO négative se traduit par les hauts géopotentiels antarctiques compensés par une ceinture de bas géopotentiels au sud immédiat de la Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande (favorables aux vents soutenus sur le sud-est ausrtalien, aggravant la sécheresse et le risque d'incendies).