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Pourquoi les orages sont difficiles à prévoir

27/02/2020

Les orages sont le résultat de processus complexes qui touchent une zone géographique très limitée. Il est donc difficile de prévoir ce genre de phénomène. Heureusement, les modèles numériques nous y aident.

Les orages : des phénomènes atmosphériques complexes

Les processus physiques à l'origine des orages sont complexes et font intervenir de nombreux " ingrédients ". Outre l'état de l'atmosphère, leur formation dépend beaucoup des conditions locales très variables de température et d'humidité des sols, influencées par la nature du sol, le type de végétation, mais aussi la configuration du relief.
Les orages sont par ailleurs de courte durée (de quelques dizaines de minutes à quelques heures) et concernent des zones limitées (quelques dizaines de kilomètres) comparés par exemple aux tempêtes.

Des modèles pour améliorer la prévision des orages

Les modèles numériques de prévision d'échelle globale simulent imparfaitement ces phénomènes locaux et brefs. Ils permettent d'identifier les zones géographiques qui réunissent les conditions favorables au développement des cumulonimbus et donc le déclenchement des orages, mais pas de déterminer leur localisation précise, ni leur intensité. De nouveaux modèles numériques à aire limitée et à " maille fine ", tels que le modèle Arome de Météo-France, permettent cependant de progresser dans la prévision des orages. Grâce à une maille de 1,3 km, Arome prend mieux en compte les effets du relief et de la nature des sols, les diverses observations disponibles et en particulier celles issues des radars hydrométéorologiques. Il décrit aussi plus précisément les processus physiques responsables du déclenchement des orages. Leur développement et leur évolution sont ainsi simulés de manière plus réaliste. Toutefois, l'erreur de localisation reste encore de l'ordre de grandeur de la taille du phénomène, soit quelques dizaines de kilomètres.

La vigilance : une information sur un risque à l’échelle du département

La vigilance orange pour orages signale un risque de survenue d'orages organisés et violents sur un département. Un risque d'orages isolés (même s'ils peuvent être localement puissants) se traduit par une vigilance jaune.

L'évaluation de ce risque est réalisée par les prévisionnistes à partir de l'analyse des différents scénarios proposés par les modèles de prévision numériques et de leur connaissance du climat local. Cette évaluation comporte nécessairement une part d'incertitude. La vigilance fournit une cartographie des départements qui seront a priori les plus concernés par le phénomène.

Or, même organisés, les orages touchent généralement une zone géographique restreinte, plus petite que le département. C'est pourquoi une vigilance orange peut alors sembler, après coup, peu pertinente alors qu'un risque était bien présent et que de violents orages ont éclaté à quelques kilomètres du lieu où l'on se trouvait ou dans des zones inhabitées.

Des orages forts se produisent dans 80 % des cas de vigilance orange

La vigilance météorologique fait chaque année l'objet d'une évaluation conjointe par Météo-France et tous ses partenaires. Chaque situation orageuse significative ayant donné lieu ou non à l'activation de la vigilance orange est analysée en détail en tenant compte des impacts observés et des retours des partenaires.

Sur la période 2009-2013, dans 80 % des cas, un département placé en vigilance orange pour orage a bien été concerné par ce phénomène météorologique : des orages forts ou violents se sont produits sur tout ou partie du département. Ce " taux de pertinence " de la vigilance pour orage est en hausse régulière. Sur la période 2004-2009, il atteignait 70 %. Cette progression a été rendue possible par les progrès de la prévision obtenus grâce notamment à l'apport des nouveaux modèles numériques à maille fine.