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Retour sur la 3e vague de chaleur de l’été du 28 juillet au 19 août 2026
31/08/2026La France a connu du 28 juillet au 19 août 2026 sa troisième vague de chaleur de l’année, particulièrement longue. D’une durée de 23 jours, elle égale ainsi la plus longue vague de chaleur jamais enregistrée, à savoir celle de juillet 1983, tout en affichant une intensité supérieure. Au plus fort de l’épisode, les 13 et 14 août 2026, jusqu’à 83 départements ont été placés en Vigilance orange Canicule.
Une vague de chaleur qui a évolué sur l’ensemble des régions
La troisième vague de chaleur de l’année 2026 a démarré le 28 juillet et ne s’est pas interrompue (jusqu’au 19 août), à l’échelle de la France, notamment du fait de la persistance des fortes chaleurs sur le Sud-Est avec une amplification à partir du 11 août.
Au début de l’épisode, les plus fortes chaleurs ont concerné le sud-ouest et le centre du pays avec, le 29 juillet, des températures maximales particulièrement élevées : jusqu'à 42,7 °C à Bélis (Landes) ou 39,0 °C à Bourges (Cher).
Après deux journées orageuses fin juillet, les fortes chaleurs ont gagné l’est du pays début août avec un nouveau pic le 3 août. Les maximales ont alors atteint 35 à 40 °C sur la quasi-totalité du pays avec :
- 40,2 °C à Aubreville (Meuse) ;
- 38,9 °C à Lyon (Rhône) ;
- 38,4 °C à Troyes-Barberey (Aube) ;
- 37,8 °C à Colmar (Haut-Rhin).
Des températures minimales remarquables ont également été enregistrées dans la nuit du 2 au 3 août, comme 25,8 °C à Lons-le-Saunier (Jura) ou 25,9 °C à Ambérieu (Ain).
Du 5 au 7 août, les températures très élevées, dépassant parfois localement les 40 °C, ont principalement concerné le Sud-Est et la Corse. Les 8 et 9 août, les zones de très fortes chaleurs se sont à nouveau étendues vers le Sud-Ouest et la vallée du Rhône. Après une légère baisse des températures (hors Sud-Est) le 10 août, le pays a connu à nouveau de fortes chaleurs à partir du 11 août.
Ainsi, le 12 août, les températures très chaudes ont concerné l’ensemble du territoire, avec des valeurs remarquablement élevées sur la façade ouest du pays, comme à Saintes (Charente-Maritime) avec 39,2 °C, mais aussi dans le Sud-Est avec 40,2 °C à Sartène (Corse-du-Sud) ou 40,1 °C à Nîmes (Gard).
Les 13 et 14 août ont été les deux journées les plus chaudes de cet épisode avec des maximales dépassant 40 °C sur le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et la vallée du Rhône.
À partir du 15 août, les fortes chaleurs ont surtout concerné l’est du pays, puis à partir du 16 août le Sud-Est, la vallée du Rhône et le Languedoc-Roussillon.
Une vague de chaleur remarquable par sa durée avec un pic intense
La vague de chaleur du 28 juillet au 19 août 2026 devient la plus longue (23 jours) que le pays a connu, avec celle de juillet 1983 (du 9 au 31 juillet 1983).
L’intensité maximale, atteinte le 13 août, a été plus marquée que celle de l’épisode du 4 au 19 juillet 2026. En revanche, l’épisode caniculaire historique du 17 au 30 juin 2026 reste le plus remarquable par sa précocité et son intensité.
La journée du 13 août a été la plus chaude de l’épisode à l’échelle du territoire, avec 28,8 °C en moyenne sur 24h (indicateur thermique calculé sur 30 stations). De plus, avec une température maximale atteignant 38 °C en moyenne le 13 août, c’est le troisième après-midi le plus chaud depuis le début des relevés, derrière les 23 juin (38,2 °C) et 24 juin 2026 (38,5 °C).
Au moment du pic le 13 août, les maximales ont frôlé, voire dépassé, 40 °C sur une grande partie du pays, dépassant souvent la normale de 14 degrés dans le Nord-Ouest. On a notamment relevé jusqu’à :
- 41,4 °C à Bordeaux (Gironde) le 13/08 ;
- 40,8 °C à Mont-de-Marsan (Landes) le 13/08 ;
- 40,4 °C à Nantes (Loire-Atlantique) le 13/08 ;
- 40,2 °C à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 13/08 ;
- 40,0 °C à La Roche-sur-Yon (Vendée) et à Bourges (Cher) le 13/08 ;
- 39,2 °C à Saint-Dizier (Haute-Marne) le 13/08 ;
- 37,3 °C à Abbeville (Somme) le 13/08.
Persistance des températures élevées de jour comme de nuit
Cet épisode caniculaire est moins remarquable que les deux précédentes vagues de chaleur de l’été 2026 par le niveau des températures extrêmes, hormis du 9 au 16 août.
Sans atteindre des valeurs records comme lors de la canicule historique de juin 2026, les maximales se caractérisent par une persistance de valeurs très élevées, supérieures à 35 °C, y compris dans des régions où ce seuil est rarement atteint.
Dans le Sud-Est et en Corse, les températures maximales sont restées comprises le plus souvent entre 35 et 40 °C durant 15 à 22 jours comme à Orange (Vaucluse) avec 22 jours ou à Figari (Corse-du-Sud) avec 17 jours.
De plus, les nuits chaudes avec une température ne descendant pas en dessous de 20 °C, se sont souvent enchaînées après les journées caniculaires. Ainsi, on dénombre durant cette seule vague de chaleur sur une large moitié sud le plus souvent 10 à 17 nuits chaudes comme à Mâcon (Saône-et-Loire) avec 12 nuits et jusqu’à 23 nuits chaudes sur le pourtour méditerranéen et en Corse.
Quelle est l'évolution des vagues de chaleur en France ?
Avec le changement climatique et l’intensification des épisodes extrêmes, les vagues de chaleur sont de plus en plus précoces, fréquentes et intenses.
On recense 54 vagues de chaleur en France depuis 1947 :
- 17 vagues avant 2000 (donc en plus de 50 ans) ;
- 37 vagues depuis le début du 21e siècle (donc en 26 ans).
La 52e vague de chaleur s'est déroulée en France du 17 au 30 juin 2026. La 53e du 4 au 19 juillet 2026. La 54e vague de chaleur a débuté le 28 juillet et s'est terminée le 19 août 2026 ; il s'agit de la 3e vague de chaleur de l'année. D’une durée de 23 jours, elle égale ainsi la plus longue vague de chaleur jamais enregistrée, celle de juillet 1983, tout en affichant une intensité supérieure.
Les épisodes de fortes chaleurs et les canicules, de plus en plus fréquents, démarrent également de plus en plus tôt dans la saison et peuvent atteindre des niveaux de température de plus en plus élevés.
Sans accélération des actions d’atténuation du changement climatique au niveau mondial, l’Hexagone doit se préparer à un réchauffement moyen lié aux activités humaines de +4 °C par rapport à la période préindustrielle d'ici à 2100 et de +2,7 °C vers 2050 selon la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC).