Histoire météo Abri météo (relevé des mesures) à Montsouris. 1983

Météo-France

Une brève histoire de l’observation

25/02/2020

L'observation est le premier maillon de la chaîne de l'activité de l'établissement. En effet, la collecte des observations afin de connaître l'état de l'atmosphère, de l'océan superficiel, et du manteau neigeux, est la donnée d'entrée première pour tout travail météorologique ou climatique. Au fil des siècles, les moyens d'observations ont beaucoup évolué ainsi que la façon d'organiser l'observation.

Au XVIIIe siècle, des médecins scrutent déjà le ciel

La météorologie suscite, de longue date, l'intérêt des savants et des érudits. En France, la Société royale de médecine est la première à développer, au XVIIIe siècle, un réseau d'observateurs, essentiellement des médecins et des pharmaciens, afin d'établir une corrélation entre les conditions climatiques et la morbidité. Il compte quelque 150 contributeurs, couvre la France et s'étend ponctuellement en Italie, en Autriche, en Allemagne, aux États-Unis et à Madagascar. Trois fois par jour, les observateurs relèvent des mesures de température, de pression de l'air, d'humidité, notent la direction des vents et commentent l'état du ciel. Conservés à la Bibliothèque de l'Académie nationale de médecine, ces relevés ont été numérisés et sont désormais accessibles sur un site internet dédié ouvert par la Bibliothèque de l'Académie.

1855 : 1er réseau d’observateurs pour la prévision

Le premier réseau français de postes météorologiques dédiés à la prévision du temps, tenus par des observateurs humains, a été mis en place en 1855. Les observateurs effectuaient des relevés de précipitations et de températures minimales et maximales une fois par jour et étaient chargés de noter les informations relatives aux phénomènes météorologiques, en particulier les orages (heures de début et de fin, intensité des éclairs, du tonnerre et de la pluie, chutes de grêle, direction de déplacement de l'orage, etc.).

Années 1940 : premières stations automatiques

Les premières stations automatiques d’observation météorologique sont apparues durant la Seconde guerre mondiale. Elles fonctionnaient sur pile, mesuraient le vent, la température, la pression et l’humidité, et transmettaient les observations 7 fois par jour par « ondes courtes ».

1949 : premier radar en France

Utilisés à l'origine par les militaires pour détecter les avions, les radars sont devenus, dans les années 1950, un moyen d'observation irremplaçable pour détecter et quantifier les précipitations.
Le premier radar météo opérationnel français est installé en 1949 à Trappes. Il est remplacé par le radar DECCA (la "banane orange"), déployé dans les années 1950, qui restera utilisé jusqu'à l'apparition du MELODI en 1968.

1963 : La révolution satellitaire en marche

Le premier satellite météorologique, Tiros 1, est lancé le 1er avril 1960 depuis Cap Canaveral. La Météorologie nationale, ancêtre de Météo-France, décide dès 1961 de créer un centre dédié au recueil et au traitement des données spatiales à des fins météorologiques. Il est ouvert à Lannion le 2 septembre 1963. Trois mois plus tard, il reçoit sa première image météorologique. La prévision numérique du temps ne pourrait aujourd’hui plus se passer des données satellite : elles représentent actuellement entre 75 et 95 % des données d’observation qui alimentent les modèles.

Années 1960 : les stations au sol s’automatisent

La première station automatique française est expérimentée à Trappes en 1948, puis une seconde   dans le désert algérien en 1952. En 1960, un réseau expérimental de stations automatiques est mis en place en métropole et sur des sites isolés en outre-mer. Elles transmettent les données recueillies toutes les trois heures par radiotélégraphie (ou via les fils du téléphone).

Le premier réseau opérationnel de stations automatiques date de la fin des années 1960. Installées en France métropolitaine et en outre-mer à partir de 1967, les stations SATIN sont les premières stations numériques, qui transmettent toutes les heures les données sous forme binaire à un calculateur central. Elles sont remplacées par les stations SIMOUN en 1974, les premières à fonctionner avec le système des concentrateurs, et qui utilisent les premiers microprocesseurs INTEL.

En janvier 1996, l’établissement décide de réorganiser et d’automatiser entièrement son réseau d’observations de surface et lance le projet RADOME (Réseau d’acquisition de données et d’observations météorologique étendues). Cette évolution répond aux besoins croissants en données d’observation directement utilisables pour la modélisation de l’atmosphère. Ce nouveau réseau permet en effet d’avoir une information homogène en qualité, à une résolution spatiale accrue et à une fréquence temporelle élevée pouvant atteindre 6 minutes. L’effort financier consenti à l’époque et la forte priorité accordée à la réalisation de ce projet ont permis de finaliser l’automatisation de l’ensemble du réseau en 2004, soit 8 huit ans après la décision initiale.

2017 : les citoyens acteurs de la Météo-France

Disposer d’observations fréquemment renouvelées et sur un réseau dense et pertinent, est une des clés de la qualité des prévisions météorologiques. Afin de compléter les réseaux conventionnels, Météo-France sollicite depuis 2017 les citoyens pour partager en temps réel des informations sur le temps qu’il fait à l’endroit où ils se trouvent via l’application mobile de l’établissement. Météo-France travaille également au recueil et au traitement de données issues de divers objets connectés.