Prévoir le temps

© Eumetsat

Les satellites d’observation de la Terre

08/10/2026

En permanence, Météo-France et d’autres services météorologiques du monde entier observent la Terre et mesurent ses paramètres atmosphériques. Les satellites sont incontournables dans cette course pour prévoir le temps et prévenir les phénomènes dangereux : la connaissance de l’état de l’atmosphère est la base de toute prévision.

Des observations essentielles à la prévision du temps

Une vingtaine de satellites météorologiques concentrent la majorité des données d’observation utilisées par les modèles de prévision de Météo-France. Ces données sont complétées par des stations au sol, des ballons-sondes, des capteurs embarqués sur des avions ou des navires.
Les satellites permettent aux prévisionnistes de mieux évaluer et anticiper les phénomènes météorologiques grâce à des images de plus en plus fréquentes et à résolution de plus en plus fine.

Grâce à leurs instruments embarqués (imageur, sondeur ou radar), les satellites météo surveillent une multitude de paramètres depuis l’espace : température des sols et des océans, pression atmosphérique, humidité… Ils peuvent même mesurer le vent ou détecter la vapeur d’eau dans l’atmosphère !

Ils offrent surtout une couverture globale, avec des images et des données très utiles notamment au-dessus de zones peu ou pas couvertes par les autres instruments de mesure, comme les déserts et les océans.

Lire aussi : Les systèmes d'observation de Météo-France

Les deux grandes familles de satellites

Les satellites géostationnaires

En orbite à 36 000 km d’altitude, ces satellites au-dessus de l'équateur observent toujours la même partie du globe, particulièrement les tropiques et les latitudes tempérées (Meteosat pour l’Europe et l’Afrique). Une coopération internationale est nécessaire pour couvrir la Terre entière.

Les satellites défilants ou polaires

En orbite basse (environ 850 km), ces satellites tournent perpétuellement autour du globe. Passant près des pôles, ils complètent les données des satellites géostationnaires. En effet, les satellites défilants effectuent des observations à toutes les latitudes (tour complet du globe en 1h40 environ), avec une meilleure résolution mais sur une zone beaucoup plus restreinte.

Le saviez-vous ?

Météo-France collabore avec les acteurs du spatial à la conception de missions d’observations et réceptionne des données satellitaires issues de plusieurs sources dont Eumetsat, l'organisation européenne pour l'exploitation des satellites météorologiques.

La révolution des satellites

La précision et le nombre d’observations satellitaires sont en perpétuelle évolution.

MTG-I1, le nouveau satellite européen

Voici la première image de ce satellite météorologique de pointe, lancé le 13 décembre 2022, qui capture la Terre et ses nuages à un niveau de détail extraordinaire…

Ce premier satellite du programme Meteosat de troisième génération (MTG) fournit des images plus précises et plus fréquentes. Équipé d’un imageur de détection des éclairs, le MTG-I1 permet d’observer et de caractériser les nuages et les orages de jour comme de nuit.

En France, c’est le Centre de météorologie spatiale (CMS) de Météo-France qui reçoit les données brutes de ce satellite. Le centre les traite pour qu’elles puissent être utilisées par les prévisionnistes et intégrées dans les modèles de prévision numérique. Depuis la mise en service de Meteosat-12, le Centre de météorologie spatiale développe ainsi de nouvelles compositions colorées multispectrales et adapte progressivement le catalogue de produits aux besoins opérationnels.

Avec MTG-I2, cette démarche entre dans une nouvelle phase : l’amélioration de la fréquence d’observation permettra non seulement de mieux visualiser les phénomènes, mais également d’envisager leur détection et leur suivi automatisés.

Le satellite MTG-I2 rejoint sa position : une nouvelle étape pour la météorologie européenne


Décollage de MTG-I2 à bord d’Ariane 6 le 27 août 2026 depuis le port spatial de l’Europe
en Guyane française (© ESA/CNES/Arianespace)

C'est dans les salles blanches de Thales Alenia Space, à Cannes, que débute l'aventure. Après son assemblage final en début d'année 2026, le satellite MTG-I2 prend la mer en direction de Kourou, où il est placé sous la coiffe d'Ariane 6.
Dans la nuit du 27 au 28 août, MTG-I2, troisième satellite du programme Meteosat Troisième Génération, est lancé avec succès depuis le port spatial de l'Europe, en Guyane française. Deux semaines plus tard, MTG-I2 atteint sa destination : l'orbite géostationnaire, à près de 36 000 kilomètres au-dessus de la Terre.

Le satellite est désormais sous le contrôle des équipes opérationnelles d'Eumetsat. Avec l'appui de l'ESA et des industriels partenaires, s'ouvre maintenant une vaste campagne de tests, d'étalonnage et de validation, étapes indispensables pour qualifier le satellite, ses instruments et l'ensemble des systèmes au sol. Sa mise en service opérationnel est prévue au deuxième trimestre 2027, MTG-I2 prendra alors le nom de Meteosat-14.

Zoom sur le Centre de météorologie spatiale de Météo-France

Le Centre de météorologie spatiale (CMS), créé en 1963, est situé à Lannion dans les Côtes-d’Armor.

Météo et satellites : dans les coulisses du CMS en vidéo

24h/24 et 365 jours par an, le Centre de météorologie spatiale de Météo-France acquiert, traite et diffuse en temps réel les données des satellites d’observation de la Terre, qu’ils soient géostationnaires ou défilants.

1. Image satellite brute   2. Composition colorée

À quoi servent toutes les données de cette constellation de satellites ?

Les données satellitaires traitées par le Centre de météorologie spatiale alimentent les modèles de prévision numérique du temps. Elles sont cruciales pour les prévisionnistes et les climatologues.

Principaux satellites géostationnaires et défilants dont les données sont reçues à Météo-France

Par ailleurs, les images satellitaires produites au CMS servent par exemple à :
    • estimer les vents à la surface des océans ;
    • détecter les nuages givrants et les cendres volcaniques ;
    • mesurer la température de surface de la mer ;
    • prévenir les phénomènes cycloniques ou les phénomènes côtiers ;
    • comprendre et s’adapter aux impacts du changement climatique.

« Les nouveaux satellites, équipés d’instruments plus performants, nous permettent de produire de nouveaux produits. On peut par exemple détecter beaucoup plus facilement par satellite les feux de forêts, mais aussi les aérosols tels que les tempêtes de sable ou les cendres volcaniques. » Sylvain Le Moal, directeur adjoint du CMS

De nouvelles applications opérationnelles

MTG-I2 embarque, comme MTG-I1, l’instrument FCI (Flexible Combined Imager), doté de 16 canaux spectraux dans le visible et l’infrarouge, avec une résolution spatiale atteignant 500 mètres.

Parmi les applications actuellement étudiées au Centre de météorologie spatiale figure la détection et le suivi automatique des feux de végétation. Les données de FCI sont particulièrement adaptées : plusieurs canaux du proche infrarouge et de l’infrarouge thermique permettent déjà d’identifier les points chauds associés aux incendies. Les observations réalisées avec Meteosat-12 ont montré le potentiel de ces données pour détecter les foyers d’incendie et suivre leur évolution.

L’apport de MTG-I2 sera double

  • La finesse spatiale de FCI permettra de conserver une observation détaillée, tandis que la fréquence accrue des acquisitions permettra de mieux caractériser la dynamique des feux. Le développement d’un produit de détection automatique est actuellement engagé afin de transformer ces observations en une information directement utilisable dans les chaînes opérationnelles.
  • Un autre axe de développement concerne l’activité volcanique. Les capacités spectrales de FCI permettent déjà de mettre en évidence les panaches de cendres et de dioxyde de soufre. Les observations de l’Etna réalisées avec Meteosat-12 en ont notamment illustré le potentiel.

Les travaux se poursuivent afin d’améliorer la détection automatique et le suivi de ces panaches, avec un objectif particulier pour les applications liées à l’aéronautique. Là encore, la fréquence d’observation apportée par MTG-I2 devrait constituer un atout majeur pour suivre plus finement le déplacement et l’évolution des panaches.

Enfin, les données sont exploitées par divers organismes nationaux et servent également à faire avancer la recherche pour améliorer la prévision météorologique et l’étude du climat.