Planète Au printemps, le risque de tornades dans les grandes plaines américaines est plus fort lors d’un évènement La Niña

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La Niña : quels effets sur le climat mondial ?

30/03/2021

Le phénomène La Niña en cours, qui désigne l’anomalie froide des eaux de surface de l'océan Pacifique par opposition à El Niño, a des effets sur le climat mondial.

Si La Niña s’affaiblit au cours de ce trimestre pour revenir à un état neutre, ses effets perdurent encore dans de nombreuses régions du globe, notamment autour de l’océan Pacifique et de l’océan Indien.

Retrouvez nos prévisions saisonnières ici.

Qu’est-ce que La Niña ?

El Niño et son pendant La Niña sont des phénomènes océaniques à grande échelle du Pacifique équatorial, affectant le régime des vents, la température de la mer et les précipitations. El Niño et La Niña correspondent aux deux phases opposées du phénomène couplé océan/atmosphère appelé ENSO (El Niño Southern Oscillation). El Niño correspond à une anomalie chaude des eaux de surface sur le centre et l'est du Pacifique équatorial, La Niña, à une anomalie froide.
L'ENSO est le phénomène climatique qui a l’impact planétaire le plus marqué. Les deux autres bassins océaniques, Indien et Atlantique, sont trop peu étendus pour permettre un phénomène de couplage aussi important entre circulations atmosphérique et océanique, même s'ils subissent aussi des remontées d'eaux profondes et des régimes d'alizés.

La Niña : des températures globales plus basses que la normale 

La Niña a pour effet de refroidir temporairement les températures à l’échelle mondiale. Toutefois, elle n’a pas suffi à empêcher que 2020 soit l’une des trois années les plus chaudes jamais constatées. Dans le contexte du changement climatique, cela n’empêchera probablement pas 2021 d'être parmi les années chaudes jamais observées.

Des effets sur les précipitations dans le monde

Le phénomène La Niña influence les précipitations sur de nombreuses régions du globe. Il favorise des conditions plus sèches sur le Moyen-Orient et le sud des États-Unis tandis que l’Indonésie, l’Australie orientale, le nord de l'Amérique du Sud et l'Inde subissent généralement un excédent de précipitations.

Carte des effets de l'ENSO sur les précipitations. © IRI.

Des pluies excédentaires en Australie

La semaine dernière, des pluies diluviennes se sont abattues sur l'est de l'Australie, provoquant de nombreuses inondations. Même si la fin de l'été est généralement la saison la plus pluvieuse, ces précipitations ont atteint par endroits, en seulement une semaine, jusqu'à l'équivalent de 6 mois de pluie.
La Niña est un élément qui a accentué les pluies diluviennes car elle occasionne des eaux de surface du Pacifique anormalement chaudes dans l’ouest du bassin et potentiellement des pluies plus intenses sur les régions de l’est de l’Australie.

Un risque de tornades accru aux États-Unis

La Niña a de plus forts impacts sur les États-Unis que sur l’Europe. Les recherches ont montré qu’au printemps le risque de tornades dans les grandes plaines américaines était plus fort lors d’un évènement La Niña. En effet, la Niña modifie la circulation atmosphérique sur les États-Unis en accentuant, notamment, l’apport d’air chaud et humide depuis le golfe du Mexique, ce qui est un ingrédient important pour la formation des tornades. La carte ci-dessous illustre l’augmentation de la fréquence des tornades les années où La Niña est active (source NOAA). 

lndice de fréquence des tornades lors d’un épisode La Niña. Les valeurs positives, représentées en violet, correspondent à un risque de tornade plus fort que la normale.

Les modèles de prévisions saisonnières montrent que La Niña tend à s’affaiblir au trimestre prochain, mais reste encore active. Ils prévoient aussi des conditions plus chaudes que la normale sur une grande partie est des États-Unis. Le modèle de Météo-France met évidence une accentuation de l’alimentation humide depuis le golfe du Mexique. Le nombre de tornades pourrait ainsi être au-dessus des normales ce printemps sur les plaines américaines.

Une saison cyclonique active dans l’Atlantique Nord ?

Le phénomène La Niña, en accentuant l’apport d’air chaud et humide depuis le golfe du Mexique, tend à renforcer l’activité cyclonique dans l'océan Atlantique Nord. 
Si La Niña est encore active l’été et l’automne prochain, la saison cyclonique 2021 pourrait ainsi être active après une saison 2020 déjà record.