L'Œil du Climat / Romain Duriez
Concours photo Œil du climat 2026 : votez pour le prix du public et le prix Outre-mer !
25/09/2026 La sixième édition du concours photo l'Œil du climat, organisé par Météo-France et le magazine Géo, a mobilisé de nombreux photographes, amateurs comme professionnels. Découvrez notre sélection des 10 photos finalistes illustrant les impacts du changement climatique sur notre territoire et votez, jusqu'au 4 octobre, pour élire le prix du public et le prix Outre-mer.
Pour voter pour le prix du Public : https://www.geo.fr/page/prixdupublic-votes-meteofrance
Pour voter pour le prix Outre-mer : https://www.geo.fr/page/prixoutremer-votes-meteofrance
Météo-France et Géo vous invitent à prendre part à la sixième édition du concours photo l'Œil du climat, consacré aux multiples conséquences du changement climatique en France. Après trois mois de participation, des centaines de clichés nous sont parvenus, témoignant d'une année 2026 hors normes : inondations, sécheresses, incendies, vagues de chaleur à répétition, souffrance de la biodiversité… Vous avez été nombreux à partager votre regard sur les événements climatiques extrêmes qui ont marqué notre territoire.
Une édition 2026 marquée par un été inédit
Cette édition a en effet été ouverte au cours d’un été 2026 inédit, à ce jour l’été le plus chaud jamais enregistré en France hexagonale, avec un écart de 3,6 °C au-dessus des normales (devant les étés de 2003 et 2022) et 53 jours de vague de chaleur en trois épisodes au fil de la saison. Cet été, quasi impossible sans changement climatique, est également marqué par un déficit de précipitations et une sécheresse des sols sans précédent en moyenne à l’échelle du pays.
Les phénomènes extrêmes de cette année 2026 se retrouvent dans nombre des clichés reçus : les mégafeux de Gironde et de Fontainebleau, la crue de la Laïta à Quimperlé, la sécheresse du Cantal, les nuits tropicales en série, la supercellule de grêle du Doubs sont autant d'illustrations de cette réalité du changement climatique.
« Inondations et tempêtes en début d'année. Chaleur intense, sécheresse historique, incendies hors-normes, fonte massive de nos glaciers, au cours d'un été 2026 qui restera dans les mémoires. La sélection 2026 de l'Œil du Climat permet d'illustrer concrètement les conséquences de ces phénomènes, rendus souvent plus probables et plus intenses par le changement climatique, sur nos vies. »
Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France et membre du jury de l'Œil du climat
Le jury a retenu 10 photos finalistes pour les prix du Public et du Jury, et 5 clichés pour le prix Outre-mer dédié aux territoires ultramarins.
C'est désormais à vous de jouer : votez pour vos photos préférées, jusqu'au 4 octobre !
Trois prix seront attribués
- Le Prix du Jury, décerné par des experts de Météo-France et journalistes de Géo.
- Le Prix du Public, élu grâce à vos votes parmi les 10 finalistes.
- Le Prix Outre-mer, également choisi par le public parmi 5 finalistes.
Les résultats seront dévoilés prochainement sur geo.fr et meteofrance.com. Les trois photos lauréates seront également publiées dans un numéro du magazine GEO du dernier trimestre 2026.
La sélection pour le Prix du Public
Découvrez les 10 photos finalistes et votez pour votre photo favorite.
Sécheresse sous haute tension – Adrien Cailloux
Le regard du photographe : cette photo montre le changement climatique qui s'opère en France depuis quelque temps maintenant, avec des périodes de sécheresse de plus en plus longues mais aussi plus intenses. Cette photo a été prise dans le département du Cantal, dans le Massif central, où, il y a encore une quinzaine d'années, même l'été, les champs restaient verdoyants. Aujourd'hui, nous faisons face à des terres brûlées, une végétation qui ne tient plus le coup, et des orages de plus en plus forts et violents.
Un gouffre, un glacier – Kévin Carpin
Le regard du photographe : depuis une dizaine d'années, je photographie la cryosphère, et plus particulièrement les glacières ; ces grottes et gouffres où l'air froid et la neige accumulée ont formé, au fil des siècles, de véritables glaciers souterrains. Sur la base de recherches dans les archives et des textes anciens, j'établis un corpus de sites à photographier afin d'en constituer des archives, car ces glaciers souterrains sont, eux aussi, menacés par le changement climatique. Sur cette photo, l'aspect "sphérique" des strates de glace est dû à un phénomène de soutirage et la présence humaine donne l'échelle des volumes de glace, mais rappelle aussi l'impact que nous avons sur eux.
A la belle étoile – Romain Chancel
Le regard du photographe : j'habite sous les toits, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Ce soir-là, la température à l'intérieur de mon appartement dépassait les 37 degrés. J'ai donc décidé d'improviser un petit campement sur mon toit pour la nuit.
Un parapluie sous le soleil – Ancelin Faure
Le regard du photographe : 9 h du matin. Son parapluie rouge ne le quitte déjà plus. À 2 400 m d’altitude, au cœur du massif de Belledonne, Tomas invente l’ombre là où elle n’existe pas. En ce mois d’août 2026, ce berger isérois regarde les alpages alpins suffoquer sous les canicules successives. Horaires adaptés. Sources d’eau taries. Corps qui récupère moins vite. « Sur le long terme, ces chaleurs intenses nous épuisent. » Désormais, même les sommets n’offrent plus de refuge face au changement climatique.
La protection du cordon dunaire – Anne Foussat
Le regard de la photographe : depuis 2001, pour faire face à l'érosion et au recul annuel moyen du trait de côte, la ville de Biscarrosse, en lien avec la Communauté de communes des Grands Lacs, procède à des opérations de rechargement en sable en hiver et au printemps. Cette opération a pour but principal d'amortir l'impact des vagues. L'année 2026 a marqué un recul du trait de côte particulièrement important (de 10 à 20 mètres selon les secteurs), le site ayant dû faire face à deux très violentes tempêtes et à une houle puissante. Une partie de la promenade de la plage centrale s'est même effondrée. Un combat coûteux, perdu d'avance selon les spécialistes, si rien n'est fait pour stopper le réchauffement climatique.
Fontainebleau après l'incendie – Louis Lepron
Le regard du photographe : une photo prise quelques jours après la fin de l'incendie qui a touché la forêt de Fontainebleau au mois de juillet 2026.
Comptine de cet été – Massimo Marcolin
Le regard du photographe : une scène de baignade au cœur de Paris pendant la canicule extraordinaire de juillet 2026.
Pic de crue dans la ville de Quimperlé – Virginie Poyard
Le regard de la photographe : la Laïta, fleuve côtier qui traverse la ville de Quimperlé, est sortie de son lit cet hiver. Elle a atteint 4,47 mètres au plus fort de la crue à 9 h ce jeudi 22 janvier 2026. Elle recouvre totalement les routes du centre-ville. Les habitants et commerçants sont démunis. C'est du jamais-vu depuis 10 ans.
Après la grêle – Killian Roger
Le regard du photographe : Braillans (Doubs), 27 août 2026. Quelques minutes après le passage d'une violente supercellule dans l'agglomération de Besançon, deux enfants traversent leur village recouvert de grêle. Autour d'eux, des grêlons de plusieurs centimètres jonchent encore le sol, tandis qu'un épais brouillard enveloppe les habitations. Les habitants commencent alors à découvrir les dégâts : carrosseries cabossées, pare-brise fissurés ou pulvérisés, tuiles et fenêtres de toit endommagées. Au-delà de la violence du phénomène, cette scène m'a marqué par son contraste. Deux enfants avancent presque naturellement dans un paysage devenu méconnaissable en quelques minutes. À leur échelle, cette image interroge notre rapport aux événements météorologiques extrêmes et au monde dans lequel les jeunes générations devront grandir.
Apocalypse II – Clément Viala
Le regard du photographe : photo aérienne réalisée le 23 juillet 2026 lors de la seconde journée du mégafeu qui a touché la Gironde.
La sélection pour le prix Outre-mer
Découvrez la sélection outre-mer ci-dessous et votez pour votre photo préférée.
Sentinelle du climat – Bernard Gissinger
Le regard du photographe : au sein de la réserve naturelle de Guyane, depuis ses 45 mètres de haut, s'élève la tour du COPAS, avec à son sommet le dispositif Nouraflux. Cet outil a pour mission d'étudier les échanges gazeux jouant un rôle dans l'effet de serre et le dérèglement climatique. Avec précision, il est capable de mesurer les flux d'eau, de CO2, ou encore la présence de polluants, afin de mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes forestiers isolés et leur rôle dans le cycle du carbone. Aux avant-postes du dérèglement climatique, une station est dédiée à l'accueil de chercheurs venus du monde entier, pour mener leurs études, parfois durant plusieurs années.
Pas de peau – Théo Guillaume
Le regard du photographe : quand le corail disparaît, c'est tout un monde qui vacille. Dans les eaux turquoise de Polynésie française, un poisson-ange peau de citron trouve refuge au cœur des branches d'un corail. Pour ce petit habitant du récif, le corail est bien plus qu'un décor : il est un abri, une protection face aux dangers. Face aux vagues de chaleur marines, on pense souvent aux coraux blanchis et aux récifs qui meurent. Mais derrière cette disparition se cache une multitude de vies, souvent invisibles, directement dépendantes de ces écosystèmes fragiles. Si le réchauffement des océans entraîne la mort des coraux, ces petits habitants risquent de perdre leur refuge et de se retrouver davantage exposés aux dangers. Cette photographie rappelle que protéger les récifs, c'est aussi préserver tous ceux qui y trouvent leur maison.
Espoir corallien – Théo Guillaume
Le regard du photographe : dans les eaux de Polynésie française, Espace Bleu mène des programmes d'étude et de restauration corallienne pour mieux comprendre la biologie des coraux. Face au réchauffement des océans, ces recherches permettent d'explorer des solutions pour préserver ces écosystèmes fragiles et anticiper les conséquences du changement climatique. À travers différentes techniques de bouturage, des fragments de coraux sont élevés puis transplantés afin de contribuer à la restauration des récifs. Un travail patient, où chaque nouveau fragment porte l'espoir de récifs plus vivants. Cette photographie témoigne de l'engagement de celles et ceux qui, face aux bouleversements climatiques, œuvrent aujourd'hui pour donner une chance aux coraux de demain.
La beauté blanche du récif en détresse – Serge Melesan
Le regard du photographe : dans le lagon de Mayotte, une apnéiste évolue au-dessus d'un récif touché par le blanchissement corallien. Les coraux blancs, visibles au premier plan, témoignent du stress thermique subi par les récifs lors des épisodes de chaleur marine associés à El Niño. Derrière la beauté apparente de la scène, c'est l'équilibre d'un écosystème entier qui se fragilise.
La vague de Yalimapo – R. Mursallin
Le regard du photographe : une vague parmi tant d'autres… et pourtant, chacune porte en elle la mémoire d'un lieu qui disparaît. Elles ont fini par emporter la première maison habitée de Yalimapo, au cœur de la communauté autochtone Kali'na. Peu à peu, l'érosion côtière et les épisodes de submersion marine grignotent cette terre, emportant avec elle des morceaux d'histoire, de souvenirs et de vie.