Paul Salesse - Météo-France
Bilan climatique de juin 2026 : le mois de juin le plus chaud jamais enregistré avec une canicule historique
03/07/2026Après une première quinzaine de juin où les températures sont restées proches des normales de saison, une canicule historique a concerné la France à partir du 17 juin. Les températures ont atteint des niveaux inédits sur le pays en particulier entre le 22 et le 26 juin. Juin 2026 devient le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France avec une température moyenne de 22,7 °C (+3,8 °C), devant juin 2003 (+3,5 °C) et juin 2025 (+3,3 °C).
Ce qu’il faut retenir
- Juin 2026 est le mois de juin le plus chaud jamais enregistré (+3,8 °C par rapport à la normale 1991-2020).
- La France a connu du 17 au 30 juin 2026 une canicule précoce, durable et très intense, et de fortes chaleurs persistent localement sur le Sud-Est depuis début juillet.
- 72 départements ont été placés en Vigilance rouge Canicule, fait inédit depuis la création de la Vigilance canicule en 2004.
- Par rapport à août 2003, cette vague de chaleur est plus intense mais d’une durée inférieure (14 jours par rapport à 16 jours en 2003).
- Le déficit de précipitations atteint près de 50 % sur l’ensemble du mois.
- À la fin du mois de juin, la sécheresse est généralisée à l’ensemble du territoire hexagonal et de la Corse aggravant le risque de feux de végétation et de forêt.
- L’ensoleillement a été très excédentaire partout (+25 % en moyenne sur le mois et le pays).
Une canicule très précoce et très intense
La France a connu du 17 au 30 juin 2026 une canicule précoce, durable et très intense, et de fortes chaleurs persistent localement sur le Sud-Est depuis début juillet.
Les températures moyennes sur 24 h des 24 et 25 juin 2026 ont été les plus élevées jamais enregistrées en France, tous mois confondus. Elles ont atteint pour la première fois les 30 °C, devançant les 29,4 °C mesurés le 5 août 2003 et le 25 juillet 2019.
Le caractère exceptionnel de cette canicule est particulièrement notable du fait qu’elle se soit déroulée en juin. Son intensité est sans comparaison avec les vagues de chaleur précédentes survenue en juin, comme en 1976, 2019 ou 2025. En 1976, par exemple, les températures moyennes sur 24 h étaient de 25,5 °C le 30 juin, 28,2 °C le 30 juin 2025 et 28 °C le 27 juin 2019.
Jeudi 25 juin 2026, 72 départements étaient en Vigilance rouge Canicule et 14 en orange, ce qui est totalement inédit depuis la création de la Vigilance Canicule en 2004.

Des niveaux de températures inédits
Des températures inédites, de jour comme de nuit, ont concerné plus d’un tiers du territoire. Les régions du nord de la Nouvelle-Aquitaine à la Bretagne, la Normandie ou du Grand-Est ont enregistré localement, souvent pour la première fois, des températures dépassant 40 °C comme à Strasbourg (Bas-Rhin) avec 40,4 °C ou Noirmoutier (Vendée) avec 40,1 °C.
Des températures de nuit exceptionnelles ont également aggravé les conséquences de la canicule avec par exemple 27,2 °C à Nantes, 2,5 °C au-dessus du record précédent.
Des records de températures maximales ont également été mesurés plusieurs jours consécutifs :
- 4 jours à Saintes (Charente-Maritime) du 21 au 24 avec jusqu’à 43,8 °C les 23 et 24 juin ;
- 3 jours à Bordeaux (Gironde) du 22 au 24 avec jusqu’à 42,5 °C le 23 juin ;
- 3 jours à Dax (Landes) du 22 au 24 avec jusqu’à 42,1 °C le 23 juin ;
- 2 jours à Rennes (Ille-et-Vilaine) du 22 au 23 avec jusqu’à 41,5 °C le 23 juin ;
- 2 jours à Nantes (Loire-Atlantique) les 23 et 24 avec jusqu’à 42,2 °C le 24 juin ;
- 2 jours à Limoges (Haute-Vienne) les 22 et 23 avec jusqu’à 39,3 °C le 23 juin.
Le seuil de 40 °C dépassé dans de nombreuses régions
Au cours de cet épisode historique, les 40 °C ont été dépassés au moins une fois sur plus de 40 % du territoire.
En juin 2026, le niveau des températures a été nettement plus élevé qu’au plus chaud de la canicule d’août 2003 dans certains territoires :
- 42,5 °C à Bordeaux (Gironde) et 40,7 °C en août 2003 ;
- 42,7 °C à Cognac (Charente) et 39,6 °C en août 2003 ;
- 40,4 °C à Strasbourg (Bas-Rhin) et 38,5 °C en août 2003. C’est la première fois que Strasbourg dépasse les 40 °C (début des mesures de température en 1945).

Des nuits extrêmement chaudes
Les nuits chaudes, c’est-à-dire avec une température ne descendant pas en dessous de 20 °C, ont concerné environ 75 % du territoire.
On a relevé, par exemple :
- 27,2 °C à Nantes (Loire-Atlantique) ;
- 26,2 °C à Vannes (Morbihan) ;
- 24,8 °C à Besançon (Doubs).
De plus, les nuits chaudes se sont souvent enchaînées à partir du 20 juin. On a relevé jusqu’à :
- 10 nuits chaudes consécutives à Paris et à Limoges (Haute-Vienne) ;
- 9 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ;
- 8 à Toulouse (Haute-Garonne), Metz (Moselle) et Dax (Landes) ;
- 7 à Bourges (Cher), Tours (Indre-et-Loire) ou encore Bordeaux (Gironde).
Le mois de juin le plus chaud jamais enregistré
Après une première quinzaine de juin où les températures sont restées proches des normales de saison, une canicule historique a concerné la France à partir du 17 juin. Les températures ont atteint des niveaux inédits sur le pays en particulier entre le 22 et le 26 juin.
Juin 2026 devient le mois de juin le plus chaud jamais enregistré sur le pays avec une température moyenne de 22,7 °C (+3,8 °C) devant juin 2003 (+3,5 °C) et juin 2025 (+3,3 °C).

Très peu de pluie, à l’exception d’orages localisés
Les précipitations ont été très peu fréquentes et peu abondantes, à l’exception d’orages localisés sur le relief, en Provence ou au nord de la Seine.
On relève moins de 20 mm sur les Pays-de-la-Loire, de la région Centre-Val de Loire jusqu’au plateau de Langres. Sur le pourtour méditerranéen, les cumuls restent inférieurs à 10 mm.
À l’échelle du mois et du pays, le déficit de précipitations atteint environ 50 %, plaçant 2026 au 6e rang des mois de juin les moins arrosés. Il dépasse même 70 % sur la Corse, le pourtour méditerranéen ou encore localement sur le nord du Poitou.

Des sols très secs
Après avoir retrouvé un état en moyenne proche des normales de saison au milieu du mois de mai, les sols ont poursuivi leur assèchement. En lien avec la situation anticyclonique, un manque de précipitations significatives et des températures exceptionnellement élevées, la sécheresse des sols s’est aggravée jour après jour tout au long du mois de juin.
À la fin du mois de juin, la sécheresse est généralisée à l’ensemble du territoire hexagonal et de la Corse avec une humidité des sols superficiels proche de celle de 2022 ou 2025 à la même période.

Un soleil très présent
À l’échelle du mois et du pays, l’excédent d’ensoleillement atteint 25 %. Depuis le début de l’année, seul le mois de février a été déficitaire. L’excédent d’ensoleillement atteint même 40 % sur les régions du Massif central. À Nîmes (Gard), Montpellier (Hérault), Carpentras (Vaucluse) ou encore Ajaccio (Corse-du-Sud), on dénombre plus de 25 journées très ensoleillées.

Canicule, vague de chaleur : quel lien avec le changement climatique ?
Cette vague de chaleur* de juin 2026 est la 52e en France depuis 1947.
Sur les vagues de chaleur recensées en France depuis 1947, on enregistre ainsi :
· la moitié des vagues de chaleur avant 2010 (donc en 60 ans) ;
· la moitié des vagues de chaleur après 2010 (donc en 15 ans).
Les épisodes de forte chaleur et les canicules, de plus en plus fréquents, démarrent également de plus en plus tôt dans la saison avec des niveaux de température de plus en plus élevés. Ainsi, la canicule de juin 2026 est plus intense que la canicule historique d’août 2003 malgré sa précocité. C’est une des conséquences attendues du réchauffement climatique planétaire.
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*Comment calcule-t-on le début et la fin d’une vague de chaleur ?
Deux critères cumulatifs permettent de définir une vague de chaleur :
- l’indicateur thermique national doit être supérieur ou égal à 25,3 °C pendant 1 jour ;
- il doit aussi être supérieur ou égal à 23,4 °C pendant au moins 3 jours.
La vague de chaleur se termine lorsque l’indicateur thermique national redescend sous 23,4 °C pendant au moins 3 jours consécutifs, ou s'il redescend même ponctuellement sous 22,4 °C.
Qu'est-ce que l'indicateur thermique national ?
Il s’agit de la température moyenne de l'air mesurée à l’échelle du pays (moyenne des températures minimales et maximales sur 24 heures sur 30 stations météorologiques réparties de manière équilibrée en France).
Les tendances climatiques pour juillet, août et septembre 2026
À l'échelle du trimestre, le scénario le plus probable privilégie des conditions de blocage anticyclonique plus fréquentes sur l'Europe. Le scénario le plus probable pour les températures est un trimestre plus chaud que la normale sur l'Europe de l'ouest, dont la France hexagonale et la Corse. La probabilité d'un tel scénario est particulièrement marquée pour ce trimestre (70 %) en raison de l'effet conjugué du changement climatique et d'un scénario privilégiant des conditions anticycloniques sur l'ouest de l'Europe. Il convient toutefois de préciser qu'une forte probabilité d'avoir un trimestre plus chaud que la normale n'implique pas nécessairement un écart très élevé des températures par rapport aux valeurs habituelles de saison.
Le scénario le plus probable pour les précipitations est celui d'un trimestre plus sec que la normale sur une grande partie du nord de l'Europe, incluant un tiers nord de l'Hexagone.
Attention, ces tendances ne sont pas des prévisions météorologiques. Privilégier un scénario plus chaud que la normale sur trois mois n’implique pas nécessairement la survenue de vagues de chaleur ou un écart très élevé des températures par rapport aux valeurs habituelles de saison. Depuis quelques années, en cohérence avec le changement climatique, les étés sont plus fréquemment au-dessus des normales de saison. La fréquence des épisodes de chaleur augmente en général, mais leur nombre, leur intensité et leur localisation varie d'un été à l'autre. Ces caractéristiques ne sont pas prévisibles à l'échelle d'un trimestre.